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Genève fait front contre le G7

manif no g7
© Olivier Vogelsang

En ce 14 juin, les collectifs romands de la Grève féministe étaient en tête de cortège. 

A la veille de l’ouverture du sommet à Evian, la grande manifestation féministe et No-G7 a rassemblé des dizaines de milliers de personnes au bout du lac. Un succès incontestable.

Sous un soleil de plomb, le cortège s’est élancé vers 15h30 du parc Mon Repos, en direction du Quai Wilson. Une foule colorée, festive, bruyante mais tout aussi déterminée à faire passer son message. Au total, pas moins de 30 000 personnes sont présentes selon les organisateurs, 20 000 selon la police. En tête, on retrouve la Grève féministe, venue en masse des quatre coins de la Suisse romande. Ensuite, c’est un joyeux melting pot, la coalition No G7 regroupant environ 200 associations, syndicats et partis de gauche. Il y a de tous les âges, on y parle plusieurs langues et les luttes sont diverses mais convergent sur un point: faire front commun et riposter contre le fascisme, l’impérialisme et le capitalisme. On a entre autres pu voir le bloc pro-palestinien, qui criait à l’unisson «Nous sommes tous des enfants de Gaza!» et «Free Free Palestine!», mais aussi le bloc révolutionnaire, les militants kurdes, les syndicats ou encore les écologistes.

Le lac est à nous
La manifestation a progressé dans le calme et la bonne humeur, contenue entre des grillages et le lac - et quelques baigneurs qui avaient du passer à côté de l’actualité. Les rues adjacentes ont été désertées, donnant à Genève des airs de ville fantôme. Un peu avant le Pont du Mont-Blanc, qui a été évincé du parcours par les autorités genevoises, l’un des membres du mouvement No-G7 prend le micro. «A Evian, une poignée de chefs d’Etats s’apprête à prendre des décisions qui nous affectent tous, et aujourd’hui on est des dizaines de milliers à les recevoir. Depuis des semaines, les autorités ont tenté de terroriser la population, ont essayé de construire un mur entre le mouvement No-G7 et la population genevoise, cantonnant notre manif aux quartiers populaires, mais on organise la riposte. Mais la ville est au peuple, la solidarité est une arme, et de Genève à Evian, le lac est à nous!» En ébullition sur fond de musique électro, la foule répète le slogan.

Les amateurs de slogans et de pancartes ont été servis. «Ni chair à canon ni chair à patron, faisons bloc contre leur monde», «Not all men, but a lot quand même», «Faites taire cette Trumpette», «Les 7 corbeilles du monde» ou encore «G7 ans d’âge mental», voilà un petit aperçu des pépites croisées dans le cortège. L’ambiance musicale était aussi de qualité avec fanfare et tambours féministes, invitant à la danse.

Casseurs isolés
Si l’immense majorité des manifestants présents étaient pacifistes, scandant des «Siamo tutti antifascisti» ou encore «Tout le monde déteste le G7», des petits groupes isolés de black blocks s’en sont pris à quelques vitrines, à une voiture et à du matériel urbain dans les quartiers de la gare et des Nations. Les commerces ont été épargnés. Les unités de police, postées aux carrefours et restées en retrait jusque-là, sont intervenues à la fin, lors du retour au parc Mon Repos. A coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau, elles ont dispersé la manifestation et annoncé qu’elle n’était plus autorisée. Les quelques 200 personnes restées sur place, dont la plupart étaient des organisateurs, ont été encerclés à l’entrée du parc par les forces de l’ordre un peu avant 21h et relâchés au compte-goutte après contrôle d’identité, jusqu’à 6h du matin. Les collectifs romands de la Grève féministe ont dénoncé dans un communiqué de presse une réaction disproportionnée et arbitraire de la part des forces de l’ordre. «Alors même que ces personnes ont négocié et organisé la mobilisation ainsi que porté le poids de la défense de notre droit de manifester, la répression qui s'abat sur elleux comme sur le reste des manifestantexs est complètement démesurée.» Les syndicats genevois ont eux qualifié cette «prise d’otage» de «punition collective qui n’a plus rien à voir avec la sécurité publique». La police a quant à elle indiqué avoir procédé à plusieurs interpellations et estimé que les dégâts causés ont été «limités au regard du nombre important d'éléments perturbateurs identifiés».

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