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Ensemble à gauche veut harmoniser les horaires des magasins vaudois

Un projet de loi a été déposé dans ce sens

Ensemble à gauche a déposé la semaine dernière au Grand Conseil vaudois un projet de loi visant à contrer la dégradation des conditions de travail du personnel de la vente et à réduire l’emprise du consumérisme. Il demande la fermeture de tous les commerces à 18h30 en semaine et à 17h le samedi. Vaud est un des rares cantons à ne pas avoir harmonisé les horaires d’ouverture de ses magasins. Les heures proposées sont alignées sur les communes les plus restrictives du canton. Les municipalités auraient toutefois la possibilité de fixer des fermetures plus tardives, jusqu’à 19h en semaine et 18h le samedi, ainsi qu’une nocturne au mois de décembre jusqu’à 21h. «Dans la situation actuelle, ce serait déjà un grand progrès, dans la mesure où, à certains endroits, les commerces sont ouverts jusqu’à 20h ou même 21h», explique Hadrien Buclin, député d’Ensemble à gauche. Les concepteurs du projet de loi ont, en outre, voulu garantir un contrôle démocratique sur les décisions concernant ces horaires, qui devront passer devant les conseils communaux et pourront faire l’objet de référendums. En outre, en cas de changement, les municipalités devront consulter au préalable les syndicats et les associations professionnelles, qui ne pourront toutefois opposer un véto. «Aujourd’hui, à la demande de grands groupes, des municipalités prennent des décisions sans consulter personne, pas même leur Parlement de ville. Ici au moins, le syndicat serait alerté et pourrait préparer une contestation», justifie Hadrien Buclin. Il faudra attendre au moins une année avant que la nouvelle loi ne soit examinée par le Grand Conseil. Le jeune député ne se fait cependant guère d’illusion sur ses chances face à la majorité de droite, mais il espère qu’elle permettra de porter le débat sur la place publique. «Le refus d’une extension des horaires à Nyon, qui a exprimé le ras-le-bol de la population pour ces heures tardives, aussi bien que le mouvement porté par des milliers de jeunes en faveur du climat, la critique du consumérisme du type Black Friday ou encore la grève féministe, sachant que la majorité des salariées concernées sont des femmes, montrent que la conjoncture est bonne pour lancer une offensive sur cette question.»

Unia n’a pour l’heure pas pris position sur la démarche du groupe de gauche. «Il nous aurait fallu plus de temps pour pouvoir analyser le projet, consulter la base et revenir avec un avis. Si la volonté de ne pas étendre les horaires est bien là, il existe, d’une ville à l’autre, beaucoup de différence sur ces horaires, d’où la nécessité de sonder les travailleurs à large échelle», souligne le responsable du secteur tertiaire d’Unia Vaud, Giorgio Mancuso. «D’après notre expérience, le personnel de vente se rangerait plutôt derrière une convention collective qu’un projet de loi. Mais c’est une bonne chose que l’on débatte des horaires, que cela soit autour d’un projet de loi ou d’une convention collective. Il faut que cesse les attaques sur les horaires.»

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