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Donald Trump n’a que faire des droits humains

ICE
© Craig Lassig/Keystone

Manifestation contre les rafles anti-immigrants menées par ICE à Minneapolis. 
 

 

Un an après le retour du président à la Maison-Blanche, les droits humains aux Etats-Unis n’ont jamais été aussi mis à mal. Un nouveau rapport d’Amnesty International tire la sonnette d’alarme.

Entre la répression sanglante des manifestations en Iran, le génocide qui se poursuit à Gaza et les tensions qui explosent aux États-Unis, personne n’aura échappé à l’actualité internationale glaçante. Donald Trump fait particulièrement parler de lui: après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, il multiplie les menaces et les agressions auprès des autres États et met son pays à feu et à sang en traquant les migrants en situation irrégulière. Un niveau d’alerte maximal en matière de droits humains a été atteint dans le pays de l’Oncle Sam, assure Amnesty International, qui a publié le 20 janvier un rapport intitulé Ringing the Alarm Bells. 

Dérives dangereuses
En effet, un an après le début de son second mandat, l’organisation met en lumière une intensification continue des pratiques autoritaires qui sapent les institutions démocratiques et érodent les droits fondamentaux.
«Nous sommes tous témoins d’une dangereuse trajectoire ayant déjà mené à une urgence en matière de droits humains sous la présidence Trump», a déclaré, à l’aube du Forum économique mondial de Davos, Paul O’Brien, directeur exécutif à Amnesty International États-Unis. «En détruisant les normes et en concentrant les pouvoirs, l’administration Trump essaie d’empêcher qui que ce soit de lui demander des comptes. Il ne fait aucun doute que les pratiques autoritaires de cette administration fragilisent les droits humains et exacerbent les risques auxquels sont exposés les journalistes et les personnes qui s’expriment ou protestent, notamment les manifestants, les avocats, les étudiants et les défenseurs des droits de l’homme.»

Libertés menacées
Le rapport couvre douze domaines dans lesquels l’administration Trump sape les principes d’une société libre. Notamment les attaques contre la liberté de la presse et l’accès à l’information, contre la liberté d’expression et de réunion pacifique, contre les organisations de la société civile et les universités, contre les opposants politiques et les voix critiques, les juges, les avocats et le système judiciaire, ainsi que le droit à une procédure régulière.

«Les pratiques autoritaires ne peuvent prendre racine que si on les laisse se banaliser, souligne Paul O’Brien. Nous ne pouvons laisser cela se produire aux Etats-Unis.» Amnesty International n’oublie pas les attaques contre les droits des personnes réfugiées et migrantes, désignées comme des boucs émissaires, et notamment les tactiques autoritaires qui se renforcent avec des villes entières envahies et terrorisées par des agents du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE). Le rapport dénonce par ailleurs le recours accru à l’armée sur le territoire national et la répression violente des manifestations. 

«Les attaques contre l’espace civique et la primauté du droit, ainsi que l’érosion des droits humains aux Etats-Unis reflètent des schémas observés et dénoncés ailleurs dans le monde depuis des décennies par Amnesty International, ajoute Paul O’Brien. Il est important de signaler que, lorsqu’il devient manifeste que les pratiques autoritaires sont pleinement établies, les institutions censées limiter les abus de pouvoir ont déjà été fortement compromises.»

Résister face à l’autoritarisme
Pour remédier à cela, Amnesty demande aux autorités compétentes ainsi qu’aux entreprises l’adoption en urgence de mesures visant à protéger l’espace civique, à rétablir des garanties relatives à l’État de droit, à renforcer l’obligation de rendre des comptes et à garantir que les violations des droits humains ne soient ni ignorées, ni considérées comme inévitables. 

«Nous pouvons, et nous devons, nous forger un chemin différent, exige le directeur exécutif. Ensemble, nous avons tous et toutes la possibilité et le devoir de nous montrer à la hauteur de ce moment difficile de notre histoire et de protéger les droits humains.» 

Avec sa campagne mondiale RESIST, destinée à contrer les tendances autoritaires, Amnesty International appelle à la solidarité et à la défense des libertés démocratiques. «La situation aux États‑Unis montre à quelle vitesse des structures démocratiques peuvent s’éroder, et combien il est crucial de s’opposer activement aux abus de pouvoir.» 

A Davos, Amnesty a également exhorté les responsables politiques et économiques à assumer leurs responsabilités et à placer les droits humains au cœur de leurs décisions. Agnès Callamard, la secrétaire générale d’Amnesty, présente au Forum, a déclaré: «Des Etats puissants sont en train de détruire l’ordre international fondé sur des règles, de saper le droit international et de privilégier la pression plutôt que la coopération. Un “dialogue constructif” exige un refus collectif des intimidations militaires, économiques ou diplomatiques. Nous avons besoin d’une résistance commune face à ces tendances destructrices, et de réformes qui placent les droits humains, la justice et les solutions globales au premier plan.» 

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