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AVS: le Parlement laisse tomber les retraités

Revirement incompréhensible du Parlement. En septembre de l’année dernière, le Conseil national et le Conseil des Etats avaient demandé au Conseil fédéral d’adapter les rentes AVS à l’inflation, chiffrée alors à 2,8%. Les retraités ont été indexés en début d’année, comme c’est le cas tous les deux ans, sur la base d’un indice mixte, soit une moyenne entre les hausses de salaires et celles des prix, dont le taux avait été fixé par le Conseil fédéral à 2,5%. Au 1er janvier, ils ont donc touché entre 30 francs de plus pour la rente minimale et 60 francs de plus pour la maximale. Manquait donc 0,3% selon la décision parlementaire de septembre. Le Gouvernement a présenté, en février, un projet permettant de verser ce complément aux rentiers AVS, ainsi qu’aux personnes à l’AI et à celles touchant des prestations complémentaires. Cette adaptation extraordinaire devait entrer en vigueur le 1er juillet et se situait entre 7 à 14 francs par mois, afin de couvrir aussi le premier semestre de 2023. Or tout s’est écroulé la semaine passée. Le National, puis les Etats, ont enterré le complément d’indexation qu’ils avaient eux-mêmes sollicité...

L’Union syndicale suisse (USS) a réagi vivement à cette décision qui, écrit-elle, «se moque de la Constitution». Cette dernière prévoit que les rentes AVS soient adaptées au moins à l’évolution des prix. «Le Parlement laisse définitivement tomber les retraités», s’indigne la faîtière. Elle indique notamment que «sans compensation, un ménage de retraités dans la moyenne risque de perdre environ 8% de son pouvoir d’achat d’ici fin 2024». Et l’USS d’appeler la population à corriger le tir, en votant pour l’introduction d’une 13e rente AVS, comme le prévoit son initiative. Cette dernière devrait passer en votation dans moins d’une année.

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