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Unia demande la mise en faillite de Ronin Primeurs

bâtiment Ronin
© Thierry Porchet

Demander l'ouverture d'une telle procédure n'est jamais «pris à la légère», assure le syndicat Unia.

La société, criblée de dettes, n’est plus en mesure de payer les salaires, estime le syndicat. La faillite est devenue nécessaire pour protéger les travailleurs.

Unia Genève l’annonçait dans notre édition du 28 août: «Les autorités doivent agir». Mais face à la situation financière catastrophique de Ronin Primeurs, il n’est désormais plus possible d’attendre. Le syndicat a requis la mise en faillite de la société genevoise, principalement pour protéger les droits et les salaires des travailleurs.

L’entreprise créée en 1969, qui semblait encore en bonne forme il y a quelques années, accumule désormais les dettes (pour plus de six millions de francs) et les poursuites (il y en a plus de 150). Une situation qui a des effets très concrets sur les employés, puisque de nombreux licenciements ont eu lieu et que les travailleurs restants sont payés au lance-pierre, lorsqu’ils sont payés. Unia note aussi «des poursuites engagées par les assurances sociales, notamment en lien avec l’AVS et la prévoyance professionnelle LPP, ainsi que par l’administration fiscale» pour des montants qui atteignent à plusieurs centaines de milliers de francs.

Le risque de ne pas être payé

D’où la démarche du syndicat de demander la faillite de Ronin Primeurs, une décision qui n’est jamais «prise à la légère», insiste Unia. Mais, les employés ayant continué à travailler malgré des salaires non-payés, chaque semaine de labeur supplémentaire fait peser sur eux le risque d’une nouvelle perte financière. Dans notre dernière édition, Yan Giroud, responsable du secteur industrie pour Unia Genève, notait déjà le sentiment d’injustice ressenti par les travailleurs: «Ils sont révoltés par la situation. Leur salaire ne tombe pas, mais eux doivent payer leur loyer et leurs courses. Sinon, ils risquent eux-mêmes de se retrouver aux poursuites. Et la stratégie mise en place par Ronin Primeurs pour contrer la grogne et ne pas être accusé de cessation de paiement, c’est de verser certaines sommes aux employés quand ils se plaignent. Cent francs par-ci, deux-cent francs par-là, avec la promesse que ça repartira bientôt. Si les travailleurs ne demandent rien, ils ne reçoivent rien.»

Car sans faillite prononcée, les employés n’ont qu’un choix pour quitter l’entreprise qui ne les paie pas: démissionner et donc faire face à des pénalités. Unia Genève note que l’ouverture d’une procédure de faillite permettrait «de faire constater officiellement l’insolvabilité de l’entreprise, d’empêcher que les dettes salariales continuent de s’accumuler, de placer les actifs sous le contrôle de l’Office des faillites, d’établir la situation financière réelle de la société, de permettre aux salariés de produire leurs créances dans la procédure et de leur ouvrir, sous réserve des conditions légales, l’accès à l’indemnité en cas d’insolvabilité.»

Agir: une nécessité

Le syndicat précise justement que l’indemnité «peut couvrir à 100 % les créances salariales correspondant aux quatre derniers mois de travail au maximum», sans que la procédure de faillite ne garantisse pour autant le remboursement de toutes les sommes dues. «C’est précisément pourquoi il est nécessaire d’agir rapidement: laisser les salariés continuer à travailler sans salaire ne ferait qu’accroître des pertes qu’ils risquent ensuite de ne jamais récupérer», insiste Unia. Le syndicat annonce dans son communiqué qu’il accompagnera les travailleurs dans leurs démarches afin de produire leurs créances salariales.

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