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Une mine péruvienne au cœur d’une plainte en Suisse

La mine d'Antamina
©Sven Paulin/Coalition pour des multinationales responsables

La mine de cuivre et de zinc d’Antamina dans les Andes péruviennes est reliée au port de Huarmey par un pipeline de 300 kilomètres.

Glencore fait interdire une distribution de tracts de la Coalition pour des multinationales responsables dénonçant les problèmes de santé et de pollution liés au site d’Antamina.

«Mettez fin à cette tentative d’intimidation et à la pollution!» Cet appel est celui de la Coalition pour des multinationales responsables contre l’action en justice de Glencore. La multinationale sise dans le canton de Zoug a obtenu du Tribunal cantonal une décision de justice interdisant la distribution de 600 000 flyers d’informations sur les problèmes de santé publique et de pollution environnementale liés à la mine d’Antamina au Pérou. La multinationale conteste les liens de causalité. La Coalition demande, dans une lettre déjà signée par plus de 40 000 personnes, à Glencore qu’elle retire sa demande de mesures provisionnelles, écoute les personnes affectées par la mine et remédie aux problèmes. 

Les firmes, Glencore et BHP, actives depuis Baar (ZG), sont actionnaires chacune à hauteur d’un tiers de la mine de cuivre et de zinc. Deux autres multinationales, Teck Resources Limited et Mitsubishi Material Corporation, se partagent le troisième tiers. «Nous avons communiqué notre prise de position au Tribunal zougois. Sachant que Glencore peut y répondre, puis nous encore une fois, la première décision risque de prendre quelques semaines», souligne Oliver Heimgartner, codirecteur de la Coalition. Il ajoute: «A la suite des résultats de notre enquête, en mai, nous avons confronté Glencore et BHP. Toutes deux nous ont renvoyés à Antamina. Or, la firme au Pérou nous a répondu qu’elle devait se coordonner avec ses actionnaires… soit Glencore et BHP. Ce n’est que le lendemain de la publication de notre enquête, à la mi-septembre, que nous avons reçu une réponse. Antamina nie toute responsabilité dans la pollution et rejette les autres accusations des communautés locales, affirmant disposer d’une stratégie visant à prévenir les impacts environnementaux et à éviter les conflits fonciers.»

Taux d’arsenic anormalement élevé

L'enquête démontre que, dans la ville portuaire de Huarmey, d’où sont exportés le cuivre et le zinc, un taux d’arsenic anormalement élevé a été détecté dans l'urine de nombreux habitantes et habitants. La Coalition écrit: «Depuis que des métaux sont traités à Huarmey, la population n’a cessé de faire état de problèmes de santé: décoloration de la peau, maux de tête et de ventre, sang dans l’urine, apparition de cas de cancer, etc. Mais ces problèmes ont longtemps été ignorés. Ce n’est qu’à partir de 2023 que de nombreux tests ont été effectués chez les riverains et que des taux trop élevés d’arsenic dans l’urine ont été constatés chez près de 200 personnes. Or, les activités d’Antamina continuent comme avant.»

Pour la Coalition, cette situation montre une fois de plus à quel point la nouvelle initiative pour des multinationales responsables, lancée et déposée en 2025, est nécessaire. Celle-ci obligerait Glencore et BHP à répondre des dommages causés au Pérou. Les discussions parlementaires devraient commencer cet hiver, sachant que le Conseil fédéral propose un contre-projet. 

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