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Un outil pour combattre la pauvreté

Comité unitaire pour salaire minimum Vaud derrière banderole.
© Olivier Vogelsang

Le Comité unitaire annonce que des actions de terrain seront menées dès le 1er Mai. 

Le Comité unitaire vaudois pour un salaire minimum cantonal a lancé sa campagne en vue de la votation relative à cet objet le 14 juin prochain. Arguments.

Pas de tarif horaire en dessous de 23,60 en 2026 – montant qui devra chaque année être indexé au coût de la vie: voilà la bataille menée par le Comité unitaire pour un salaire minimum cantonal vaudois. Un combat dont l’issue sera connue le 14 juin, la population étant appelée à trancher la question dans les urnes. La votation portera sur trois objets – les deux initiatives de l’alliance et la contre-proposition du gouvernement. Les textes du Comité veulent d’une part ancrer le principe du salaire minimum dans la Constitution afin d’assurer sa pérennité et, d’autre part, fixer un montant horaire plancher réévalué annuellement à l’aune de l’indice des prix à la consommation. Lors d’une conférence de presse organisée le 27 avril à Lausanne, ses partisans ont fait valoir leurs arguments. Deux personnes peinant à nouer les deux bouts ont également témoigné de leur situation.

Dure réalité
«Vivre à Lausanne avec un salaire de 21 francs par heure est une dure réalité. Après avoir payé le loyer et réglé la facture obligatoire de l’assurance maladie, le budget est pratiquement fini. Parfois on doit choisir entre payer les factures ou se nourrir correctement, à mon avis ce n’est pas vivre, mais simplement survivre», a indiqué Carla, nettoyeuse. Souci partagé par Trini, employée dans le même domaine, qui a exprimé ses difficultés à boucler les fins de mois. Une situation générée par un coût de la vie élevé, mais aussi d’heures de travail insuffisantes et mal rémunérées. Ces exemples expliquent la démarche entreprise par le Comité unitaire. Face à un coût de la vie qui n’a cessé de prendre l’ascenseur, il estime qu’il y a une urgence sociale à garantir à chacun de pouvoir vivre dignement de son travail. Et associe le salaire minimum à un outil propre à combattre la pauvreté. Selon ses chiffres, 10 % de la population vaudoise vit avec un bas salaire, entre 5 et 7 % bénéficierait directement du salaire minimum cantonal. Des personnes travaillant dans la vente, la coiffure, les soins ou encore la restauration sont directement concernées, dont de nombreuses femmes.

Urgence politique
Secrétaire régional d’Unia Vaud, coprésident de la coalition, Arnaud Bouverat fait valoir l’importance de voter deux fois Oui aux initiatives. Celle constitutionnelle assurant une sécurité juridique du salaire minimum et celle législative qui, avec son mécanisme automatique d’indexation au renchérissement, offre l’avantage d’être «transparente et prévisible». «Ce salaire minimum responsabilise les partenaires sociaux non seulement dans les négociations pour garantir un salaire adapté au coût de la vie vaudois, mais aussi dans l’application en participant aux contrôles.» Conseiller national et économiste, Samuel Bendahan, estime que les entreprises ont les moyens de rémunérer leurs employés correctement – «Le canton de Vaud produit 71,4 milliards de francs de richesse par an». Il insiste par ailleurs sur l’absence d’impact négatif du salaire minimum citant des études menées à Genève et Neuchâtel où la pratique existe déjà. Et souligne «l’urgence politique» à voter sur ces deux textes. Une urgence dictée par la motion Ettlin qui entend faire primer les conventions collectives de travail (CCT) étendues sur les salaires minimums cantonaux. «Si nous votons Oui le 14 juin, et que la loi entre en vigueur avant l’aboutissement de la motion Ettlin, le canton de Vaud passe entre les gouttes.»

Contre-projet vide et trompeur
Le Comité unitaire rejette fermement le contre-projet du Conseil d’Etat, qualifié de vide et trompeur, notamment en raison de ses nombreuses exceptions et en l’absence d’un dispositif clair d’adaptation au renchérissement. «Très peu de travailleurs et de travailleuses en bénéficieraient, c’est un salaire minimum qui exclut et précarise, pas un salaire minimum qui protège», déclare Gabriella Lima, coprésidente de l’alliance, précisant encore que la mouture de l’Exécutif cantonal laisse de côté les salariés soumis à une CCT ou à un contrat de travail type (CTT). Dans ce sens, de nombreuses femmes actives dans l’hôtellerie-restauration, le nettoyage, l’économie domestique ne verraient pas la couleur d’un salaire digne. «De ce fait, le contre-projet rate sa cible de réduire la pauvreté puisque deux tiers des personnes à bas salaires sont des femmes.» Joëlle Minacci, députée d’Ensemble à Gauche au Grand Conseil, évoque encore le coût que représente les rémunérations de misère pour la collectivité. «Les prestations sociales sont payées par l’Etat et par nos impôts. Ce sont donc les citoyennes et citoyens, le Canton et les communes, qui mettent la main au porte-monnaie pour compenser les bas salaires.» L’impact positif de meilleures rémunérations a en outre été mis en avant par un représentant de l’Association de défense et de détente des retraités, assurant aux séniors concernés des rentes plus élevées. Mais aussi un filet social aux mailles plus serrées, en cas de chômage, maladie ou accident. 

Une vidéo de Olivier Vogelsang.

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