Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Un échafaudage sous-dimensionné

Effondrement échafaudage Malley
© Olivier Vogelsang

Selon le rapport d'expertise, l'échafaudage qui s'est effondré ne respectait absolument pas les normes en vigueur.

Une expertise indépendante sur l’effondrement de l’échafaudage à Malley qui a coûté la vie à trois ouvriers fait état de graves manquements.

«L’échafaudage tel qu’il était construit ne respectait absolument pas les normes en vigueur ni les règles de l’art ni encore les prescriptions des fournisseurs. Il souffrait de défauts de conception, de dimensionnement et de réalisation.» Voilà une des conclusions majeures du rapport d’expertise relatif à l’effondrement de l’échafaudage de Malley dont s’est fait écho La RTS le 15 janvier dernier. Pour mémoire, l’accident de la Tour Malley Phare à Prilly, survenu le 12 juillet 2024, a provoqué la mort de trois travailleurs et fait une dizaine de blessés. L’analyse mentionnée par le média précité et réalisée par un bureau d’ingénieurs à Montreux à la demande du Ministère public révèle de graves défaillances. On peut y lire notamment que l’effondrement de l’échafaudage en question est dû à son «sous-dimensionnement extrêmement important». «Ce sous-dimensionnement provient d’une conception très lacunaire voire absente de la structure de l’échafaudage de façade, de la structure des ponts de réception ainsi que de la stabilisation des mats du monte-charge.» Dans ce contexte, estiment les spécialistes, «la ruine de l’échafaudage ne peut pas être considérée comme une surprise pour quiconque qui se serait penché sérieusement sur sa conception et réalisation et ayant une expérience de la construction, notamment du gros œuvre.» Pour ces derniers, il n’y avait pas de nécessité de disposer de compétences d’ingénieurs spécifiques afin de se rendre compte qu’il y avait un problème grave. «Le sous-dimensionnement était tel que la question n’était pas de savoir ‘si’ l’échafaudage allait subir un effondrement mais plutôt ‘quand’ celui-ci surviendrait.» 
Le rapport précise par ailleurs que les nombreux contrôles de la structure par différentes entités – notamment OMA consulting et Roth échafaudages – n’ont pas considéré la stabilité de l’échafaudage. «En remarque finale, on peut dire que l’échafaudage construit par la société Roth échafaudages souffrait de nombreux et très graves défauts qui ont été la cause de l’accident (...) Les contrôleurs n’ont pas mis en lumière le danger d’effondrement global, qui n’a pas été sous-estimé mais totalement omis.» 
Contactés par la RTS, l’entreprise Roth échafaudages et OMA Consulting ont précisé n’avoir à ce stade pas encore eu connaissance de l’expertise, s’abstenant de tout commentaire. Maître d’ouvrage et assurance accidents nationale chargée de l'inspection de la sécurité des chantiers, la Suva n’a pas non plus souhaité s’exprimer. De son côté, Unia rappelle sa position intransigeante en matière de contrôles et suit l’affaire.

Pour aller plus loin

«La distance sociale est impossible à respecter sur les chantiers!»

Secrétaire syndical d'Unia portant un masque présente une photographie montrant des travailleurs à l'oeuvre les uns à côté des autres.

Lors d’une intervention musclée, les syndicats genevois ont demandé l’arrêt du chantier du quartier de l’Etang, en vain. En Suisse, Unia réclame le renforcement des contrôles

Les chantiers doivent fermer

Contrôle d'Unia sur un chantier à Belmont (Vaud).

Unia martèle l’importance d’arrêter le travail de la construction. Un sondage montre que les mesures de protection de l’OFSP ne sont pas respéctées

«La priorité doit être la santé des travailleurs, pas les délais!»

Les syndicalistes d’Unia se sont rendus sur le chantier de l’aéroport de Cointrin à plusieurs reprises pour soutenir les ouvriers et ont constaté le non-respect des mesures d’hygiène.

Refusant de travailler à la suite de suspicions de cas de Covid-19 sur le chantier de l’aéroport, des ouvriers ont vu la police intervenir. Les chantiers genevois ont finalement fermé le 20 mars

«C’est comme si nous revenions au XVIIIe siècle»

Chantier d'En Chardon.

Un reportage de «Temps présent» aborde deux gros cas de dumping et de racket d’ouvriers sur des chantiers publics dénoncés par Unia