Sondage à l’intention des travailleurs de l’artisanat

Le secteur Arts et métiers d’Unia lance une enquête auprès des artisans sur leur situation au temps du coronavirus, et en vue des négociations salariales

En écho à l’Appel solidaire pour garantir les salaires et les emplois, et en marge des négociations salariales de cet automne, Unia lance une enquête nationale auprès du personnel de l’ensemble des branches de l’artisanat (second œuvre, garages, construction métallique…). As-tu continué à travailler pendant le semi-confinement? As-tu travaillé plus que l’horaire habituel pour rattraper d’éventuels retards dus à la crise? Quelles sont tes revendications en vue des négociations de cet automne? Voici quelques-unes des questions posées en ligne aux salariés du secteur. «Jusqu’à présent, nous savons que la majorité d’entre eux ont continué à travailler durant la crise, sauf au Tessin et, dans une moindre mesure, dans les cantons de Vaud et de Genève où certaines entreprises ont fait appel aux RHT. Pourtant, nous estimons que le volume de travail se maintient de manière générale aujourd’hui à un haut niveau», explique Yannick Egger, membre de la direction des Arts et métiers d’Unia.

Pour le responsable syndical, plusieurs branches de l’artisanat auraient même bénéficié du semi-confinement dans le sens où davantage de personnes ont fait appel à des ouvriers pour rénover leur maison. «Avec l’application des mesures de protection contre le Covid, il a pu y avoir toutefois un ralentissement dans le travail. Nous souhaiterions donc notamment savoir si les employeurs ont exigé des cadences accrues, encore plus malvenues en été avec ces périodes caniculaires, souligne Yannick Egger. Nous refusons que les salariés subissent cette double peine, alors qu’ils ont déjà travaillé pendant le semi-confinement au péril de leur santé.» Cet automne, Unia demandera donc une augmentation salariale dans ces branches.

Pour participer au questionnaire (anonyme): unia.ch

Faillites évitées grâce aux mesures transitoires?

Selon une enquête du KOF (l’institut de recherches conjoncturelles), le nombre de faillites est en diminution par rapport à l’année passée: 21% de moins en moyenne, et même 32% de moins dans les secteurs du bâtiment et de l’artisanat. Mais, comme l’indique le centre de recherche dans un communiqué daté du 10 août, le niveau bas des faillites pourrait s’expliquer en partie par l’accès au chômage partiel, au crédit Covid-19, ainsi qu’à la suspension des poursuites pratiquée jusqu’en avril. «Il n’est toutefois pas question de lever l’alerte, car certaines faillites ont sans doute été simplement ajournées», écrit le KOF. «En l’état, il s’agirait toutefois d’entreprises qui étaient déjà en difficulté avant la crise», tempère Yannick Egger, membre de la direction des Arts et métiers d’Unia.