Pour des conditions de travail décentes chez les sous-traitants de Zalando

La délégation d’Unia a remis à la direction une pétition réclamant un salaire minimum d’au moins 22 francs de l’heure, contre environ 19 francs pratiqués actuellement.
@ Unia

Unia a adressé une pétition de plus de 2000 signatures à la direction du géant de l’e-commerce pour dénoncer le dumping social et salarial en Suisse

«Les gens ne sont pas des machines. Pour des conditions de travail décentes chez les sous-traitants de Zalando en Suisse!» Une délégation d’Unia s’est rendue le 31 mai au centre logistique de Zalando à Lahr, en Allemagne, pour dénoncer les conditions de travail en vigueur chez ses sous-traitants suisses chargés de s’occuper des renvois, à savoir les entreprises MS-Direct et Ingram Micro en Suisse alémanique. Faute d’adresse en Suisse, le syndicat a fait le déplacement chez nos voisins. Il a également adressé à la direction du géant du commerce en ligne à Berlin une pétition munie de plus de 2000 signatures exigeant des conditions de travail correctes ainsi que des salaires minimums décents pour ces salariés.

Lancée en décembre 2017, la pétition demande un salaire minimum d’au moins 22 francs de l’heure, contre environ 19 francs pratiqués actuellement. Elle exige également la fin de la précarisation des salariés, notamment à travers le travail sur appel, les contrats à durée déterminée et le travail temporaire. Enfin, elle dénonce les atteintes à la santé des travailleurs dans les entreprises suisses qui sont, entre autres, soumis à une forte pression au rendement et contrôlés.

Responsabilité sociale

Pour rappel, Unia avait eu un premier contact positif avec MS-Direct. Mais dès le lancement de la pétition, l’entreprise a refermé ses portes. En février dernier, relayé dans nos colonnes, le syndicat espérait la mise en place d’un dialogue constructif. En vain.

Il est indéniable que le commerce en ligne prend des parts de marché croissantes au commerce traditionnel. Selon l’étude Retail Outlook 2018 du Credit Suisse, un quart du chiffre d’affaires de Zalando sur la région Allemagne-Autriche-Suisse provient de notre pays alors qu’il ne pèse que 8% de la population (chiffres 2016). Le hic, c’est que les conditions de travail en vigueur dans le domaine de la logistique sont globalement très mauvaises et peu régulées. «C’est une première action pour attirer l’attention sur une entreprise qui est en pleine expansion en Suisse, souligne Arnaud Bouverat, membre de la direction du secteur tertiaire d’Unia. Dans le commerce de détail dit traditionnel, nous avons déjà 50% du personnel qui n’est pas couvert par une Convention collective de travail et qui est exposé à une forte pression sur les salaires. Les acteurs en ligne doivent assumer leur responsabilité sociale et respecter les conditions de travail usuelles, ce qui n’est pour l’heure vraiment pas le cas.»