Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Le financement de la 13e rente AVS en sursis

Vania Alleva et Pierre-Yves Maillard fêtant la victoire de la 13e rente AVS dans les urnes.
©Thierry Porchet/archives

Le 3 mars 2024, la présidente d'Unia, Vania Alleva, et le président de l'Union syndicale suisse, Pierre-Yves Maillard, fêtaient la victoire de la 13e rente AVS dans les urnes. Mais deux ans plus tard, son financement n'est toujours pas assuré.

Le 17 juin, le Conseil national doit se prononcer sur un ultime compromis mis sur la table. En cas de refus, le projet sera enterré.

Alors que les retraités toucheront leur 13e rente AVS pour la première fois en décembre, on ne sait toujours pas comment elle sera financée. Or, le risque est réel d’arriver à la fin de l’année sans solution claire pour assurer le paiement de cette mesure plébiscitée en 2024 par plus de 58% des votants, et qui coûtera 4,2 milliards de francs en 2026 (et 5,4 milliards en 2040). En effet, après plusieurs aller-retours, les Chambres fédérales n’ont toujours pas réussi à se mettre d’accord. Mais le dénouement de ce feuilleton surviendra le 17 juin. Ce jour-là, le Conseil national doit se prononcer sur l’ultime compromis proposé le 10 juin par la conférence de conciliation. Cet organe, qui intervient en cas d’échec des parlementaires à trouver un terrain d’entente, a réuni vingt-six membres des commissions des affaires sociales et de la santé des deux Chambres. 

Par 15 voix contre 11, la conférence de conciliation a opté pour un financement mixte, via une hausse des cotisations salariales de 0,2% – répartie à parts égales entre employeurs et employés – combinée à une augmentation de la TVA de 0,4%. Une proposition approuvée ce jeudi 11 juin, contre l’avis du PLR et de l’UDC, par le Conseil des Etats. Il faut dire que cela se rapproche beaucoup de la dernière solution qu’il préconisait, à la seule différence que dans son projet, les cotisations sociales devaient augmenter de 0,3%. L’Union syndicale suisse soutient aussi ce compromis, estimant que «si le financement échoue aujourd’hui, il coûtera plus cher demain». 

 

Suspense total

La balle est désormais dans le camp du Conseil national, qui doit voter à ce sujet le 17 juin. En cas de refus de sa part, le débat sera définitivement clos sans qu’aucune décision n’ait été prise. Le suspense est total. Depuis bientôt deux ans, la majorité de droite de la Chambre basse s’est entêtée à ne vouloir qu’un financement de la 13e rente limité dans le temps, et uniquement assuré par une augmentation de la TVA. Ses seules concessions, faites le 3 juin, ont été de réduire celle-ci à 0,5%, au lieu de 0,7%, et de prévoir qu’elle dure jusqu’à fin 2033, au lieu de fin 2030. Le vote ayant donné la préférence à cette solution plutôt qu’à celle du Conseil des Etats a été très serré, puisque le résultat était de 99 voix contre 97.

De son côté, la Chambre haute a fait plusieurs pas en direction du National, puisqu’à la base, elle voulait une hausse de 0,5% de la TVA et de 0,4% des cotisations salariales, chiffres revus deux fois à la baisse. Quant au Conseil fédéral, qui souligne aussi la nécessité d’un financement à long terme de la 13e rente, il a déjà prévu dans son projet de réforme AVS 2030, mis en consultation début juin, d’augmenter la TVA et peut-être aussi les cotisations sociales si le Parlement ne parvient pas à un accord. Suite et peut-être fin dans quelques jours.

Pour aller plus loin

Racheter du 2e pilier, ça rapporte

Bas de laine suspendu à un étendage.

Il existe une possibilité de combler ses lacunes de cotisations dans la prévoyance professionnelle. Les éclaircissements de Dario Chiaradonna, d’Unia, fin connaisseur du 2e pilier.

Berne souhaite augmenter la franchise minimale de l’assurance maladie

Médicaments.

Le Parlement a adopté une motion de l’UDC, soutenue par le Conseil fédéral, qui est censée responsabiliser davantage les assurés. Les syndicats dénoncent un projet antisocial.

Victoire d’étape pour les frontaliers

route

Le projet de loi français qui prévoyait de revoir les indemnités de chômage des frontaliers à la baisse a été partiellement abandonné. Aux côtés de la CGT, les syndicats des pays voisins, dont Unia, s’en réjouissent et restent mobilisés.

Victoire d’étape pour les frontaliers!

douane

Le projet de loi français qui prévoyait de revoir les indemnités de chômage des frontaliers à la baisse a été partiellement abandonné. Aux côtés de la CGT, les syndicats des pays voisins, dont Unia, s’en réjouissent et restent mobilisés.