La résistance a payé

En mars 2018, Unia avait remis aux parlementaires 1280 cartes de protestation signées par des employés du secteur des services contre l’allégement de la Loi sur le travail.
© Unia

En mars 2018, Unia avait remis aux parlementaires 1280 cartes de protestation signées par des employés du secteur des services contre l’allégement de la Loi sur le travail. 

Le Conseil des Etats a classé l’initiative parlementaire visant à supprimer la saisie du temps de travail pour de nombreux salariés

Enterrée! La semaine dernière, le Conseil des Etats a suivi sa commission et classé, sans même en débattre, l’initiative parlementaire de l’ancienne sénatrice Karin Keller-Sutter, devenue conseillère fédérale. En décidant d’enterrer cette proposition, la Chambre haute «reconnaît que les projets de déréglementation de grande ampleur de la Loi sur le travail sont inappropriés et se heurtent à une vaste résistance de la part des syndicats, des médecins du travail ainsi que des cantons», note l’Alliance contre le stress et le travail gratis dans un communiqué. Cette vaste alliance regroupe les faîtières syndicales (Union syndicale suisse et Travail.Suisse), les syndicats Unia, Syndicom, SSP et Syna, l’Association des employés de banque, ainsi que la Société suisse de médecine du travail, la Fédération suisse des associations professionnelles du domaine de la santé, l’Association suisse des médecins-assistants et chefs de clinique. Ensemble, ils se sont mobilisés depuis des mois contre cet objet parlementaire dont l’objectif était de supprimer, pour de nombreux salariés (environ 26% auraient été touchés), l’obligation d’enregistrer le temps de travail. Un outil protégeant des durées de labeur excessives et du travail gratuit. 

Cette victoire ne reste toutefois qu’une étape face aux velléités de démantèlement de la Loi sur le travail par la droite bourgeoise qui souhaite alléger les protections des travailleurs. Une autre initiative est toujours en attente de traitement, celle du conseiller aux Etats Konrad Graber qui prévoit de flexibiliser le temps de travail, notamment avec une annualisation de sa durée, des semaines pouvant aller jusqu’à 67 heures, et un assouplissement de l’interdiction du travail du dimanche. Face à la hausse constante des pressions dans le monde professionnel et des cas de burn out, l’Alliance contre le stress et le travail gratis demande instamment au Conseil des Etats de faire subir le même sort à cette seconde initiative et de l’enterrer elle aussi.