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La campagne contre «l’initiative du chaos» est lancée

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© Thierry Porchet

La dénonciation des accords bilatéraux avec l'Union européenne auraient des conséquences dramatiques sur l'emploi, la protection des salaires et les rentes. 

Les syndicats et les partis de gauche s’unissent contre le projet de l’UDC qui aurait des conséquences économiques et sociales majeures.

Si l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» passe la rampe le 14 juin prochain, c’est le chaos assuré, alarment les syndicats et les partis de gauche, réunis le 27 mars en conférence de presse pour lancer leur campagne du Non. Dénonciation des accords bilatéraux avec l’UE, récession, pouvoir d’achat et salaires affaiblis, destructions d’emplois, baisse des rentes: selon ses opposants, voilà à quoi s’attendre si «le plan extrême» de l’UDC est appliqué. 
Pour bref rappel, le texte prévoit des mesures drastiques afin de limiter l’immigration dans le pays dès que la Suisse atteindra 9,5 millions d’habitants, ce qui correspond à une croissance démographique de 4% seulement.

Emplois détruits
«À l’ère de Trump, la Suisse a plus que jamais besoin de relations stables avec l’Europe», a déclaré Cédric Wemuth, co-président du Parti socialiste. Alors que la moitié des exportations suisses est destinée à l’UE, une résiliation des bilatérales aurait des conséquences dramatiques, à savoir un accès restreint au marché européen qui freinera les investissements, poussera des entreprises à se délocaliser et détruira des emplois. Sans oublier les 1,5 million de citoyens en provenance de l’UE qui seront relégués au rang de personnes de seconde zone. «Or, c’est grâce à leur travail que notre pays fonctionne, notamment dans les secteurs des soins, de la construction et de la restauration», s’indignent les auteurs de la campagne.

Retour à la précarité
Vania Alleva, présidente d’Unia et vice-présidente de l’USS, a alerté sur les dangers que cette initiative représente pour les salariés de notre pays, dans la mesure où la fin des accords bilatéraux mettra en péril la protection des salaires. De la même manière, comme les mesures d’accompagnement garantissent aujourd’hui les rémunérations et les conditions de travail, sans cela, le dumping salarial menace, avec un retour à des conditions précaires. «Sans protection des salaires, ce ne sont pas seulement ces derniers qui baissent, ce sont aussi les droits des travailleuses et des travailleurs qui sont menacés.» Et Lisa Mazzone, présidente des Verts, d’ajouter: «Nous ne voulons pas retourner aux sombres années du statut de saisonnier, lorsque des migrants devaient vivre sans droits ni perspectives, séparés de leur famille.»

Dysfonctionnements à prévoir
La pénurie de personnel qualifié, qui est déjà un problème vif aujourd’hui, ne sera que plus forte. Des secteurs entiers pourraient vaciller, et le système de santé compromis. «Le personnel soignant est déjà à bout, a souligné Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse. Sans les soignants venus de l’étranger, une prise en charge de qualité ne pourra plus être garantie, que ce soit dans les hôpitaux, les EMS ou les soins à domicile. Le stress ne fera qu’augmenter.»

Mêmes préoccupations pour la prévoyance vieillesse, qui sera elle aussi mise à mal. Car tandis que les coûts augmentent, de moins en moins de personnes actives pourront financer l’AVS et les caisses de pension. Il faut donc s’attendre à une pression sur les rentes mais aussi à une explosion des primes d’assurance-maladie. «Cette initiative coûtera très cher à la population, dans la mesure où elle provoquera une baisse des salaires et des retraites», a calculé Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS. Voilà pourquoi les syndicats et la gauche appellent la population à se mobiliser massivement contre. 

Plus d’informations sur le site de la campagne ici

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