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Just Eat: «Les autorités doivent faire respecter la loi»

livreur just eat
©Olivier Vogelsang

La concurrence déloyale conduit inévitablement à une augmentation du travail au noir et de l’exploitation, dénonce Unia.

La société de livraison a l'intention de licencier des centaines de personnes pour les réembaucher en tant que faux indépendants. Unia lance une pétition pour que le SECO et les cantons interviennent.

Unia contre-attaque! Suite à l'annonce de Just Eat, qui a indiqué vouloir licencier des centaines de livreuses et de livreurs pour les réengager par la suite en tant que pseudo-indépendantes et indépendants, le syndicat lance une pétition pour mettre les autorités face à leurs responsabilités. «Les livreurs et livreuses concernés le dénoncent depuis des années: si les autorités ne mettent pas fin au modèle économique illégal d’Uber, de Bolt et d’Uber Eats, d’autres entreprises cesseront elles aussi de respecter la législation suisse, analyse Unia dans un communiqué de presse. La concurrence déloyale conduit inévitablement à une augmentation du travail au noir et de l’exploitation. L’annonce faite par Just Eat montre à quel point la situation est désormais dramatique.»

Car, en réalité, il est impossible de considérer les livreuses et les livreurs comme n'étant pas soumises et soumis à la plateforme. «De nombreuses décisions de justice l’ont prouvé, note Unia. Les salarié-e-s qui agissent au nom d’une entreprise, qui sont intégrés dans son organisation du travail et qui reçoivent des instructions sont précisément cela: des salarié-e-s. Cela vaut également pour Just Eat. C’est pourquoi Unia, en collaboration avec les livreurs et les livreuses, demande à Just Eat de renoncer aux licenciements et d’opter pour un modèle d’entreprise conforme à la loi.»

Autorités cantonales dépassées

Le syndicat souligne que la responsabilité de faire respecter la loi incombe d'abord aux cantons. «Cependant, étant donné que la grande majorité des autorités cantonales sont manifestement dépassées et se laissent mener en bateau depuis des années, le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) doit agir dès maintenant et mettre fin au travail au noir chez Uber, Uber Eats, Bolt et, désormais, chez Just Eat», préconise Unia.

Une pétition demande précisément que les autorités passent désormais à l'action. «En collaboration avec de nombreux livreurs et livreuses de Just Eat menacés de licenciement, le syndicat Unia a lancé ce jeudi 29 octobre une pétition qui demande aux cantons et au SECO, en tant qu'autorité de surveillance, d’agir avec détermination. Il ne s’agit pas seulement de sauvegarder des centaines d’emplois, mais aussi de savoir si les lois suisses protégeant les salarié-e-s s’appliquent encore. De plus, les systèmes de sécurité sociale sont de plus en plus dégradés si les employeurs ne versent pas leurs cotisations. Il faut donc mettre fin de toute urgence à l’exploitation illégale des travailleurs et des travailleuses, au travail au noir toléré par l’État et à la concurrence déloyale qui sape des secteurs entiers.» Unia rappelle que tout le monde peut signer la pétition.

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