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En Valais, le camp du «oui» au salaire minimum lance la campagne

Personnes en campagne
©RZ

Les membres du comité d’initiative pour un salaire minimum légal en Valais, réunis à Sion.

Gauche et syndicats ont présenté leurs arguments en faveur d’un dispositif qui a fait ses preuves ailleurs. Le peuple décidera de son adoption le 29 novembre prochain.

C’est un combat pour la dignité des travailleuses et des travailleurs que de nombreux cantons et plusieurs villes de Suisse ont mené avec succès. De Neuchâtel au Jura, du Tessin à Bâle-Ville et à Genève, en passant par des pôles urbains comme Zurich, Winterthour et Lucerne, le salaire minimum est désormais une réalité qui a fait ses preuves et dissipé les craintes des plus sceptiques. Ce mouvement, qui apporte une pierre essentielle à l’édifice de la justice sociale, pourrait désormais s’étendre au Valais. La population est appelée à se prononcer sur le sujet et à décider si elle souhaite adopter cette mesure à son tour. Le scrutin aura lieu le 29 novembre, date à laquelle la question du pouvoir d’achat sera également au cœur de l’actualité nationale, avec la votation sur le financement de la 13e rente AVS.

15 000 salariés précaires
Dans l’intervalle, le comité d’initiative en faveur d’un salaire minimum légal en Valais affine ses arguments en conviant la presse à une présentation des raisons de voter «oui». Mardi 13 octobre, des représentants politiques — Jacqueline Lavanchy (POP), le conseiller national PS Emmanuel Amoos, Léonard Dorsaz député des Vert.e.s Valais, et Sylvain Morard, d’Entremont Autrement —, ainsi que des syndicalistes — Francine Zufferey de l’Union syndicale valaisanne, et Blaise Carron secrétaire régional d’Unia Valais — se sont retrouvés à la Maison Supersaxo. Toutes et tous ont exposé les raisons pour lesquelles le canton devrait franchir le pas et rejoindre le mouvement de transformation sociale déjà à l’œuvre ailleurs dans le pays.

En préambule, Blaise Carron a rappelé qu’actuellement «en Valais, environ 15 000 salariées et salariés travaillent à 100% et ne peuvent pas vivre de leur salaire, et ce dans de nombreux secteurs de notre économie, comme la vente, l’hôtellerie-restauration, la blanchisserie, la coiffure, etc.» Ces domaines se caractérisent par des rémunérations particulièrement basses et une forte présence féminine. Avec un salaire minimum de 22 francs, ces catégories de la population active «connaîtraient une amélioration de leur pouvoir d’achat, pourraient retrouver leur dignité et faire face à leurs obligations financières avec moins de difficultés et de stress.»

Stop au dumping salarial
Les intervenants ont également souligné d’autres effets bénéfiques du dispositif. Il y a d’abord la question des inégalités salariales entre les femmes et les hommes. Dans les collectivités qui ont adopté cette mesure, ces écarts se sont réduits, parfois de manière significative. Le salaire minimum accroît aussi le pouvoir d’achat des travailleurs et des travailleuses, stimulant ainsi la consommation et favorisant l’économie ainsi que le commerce local. Par ailleurs, la hausse des revenus augmente les recettes des assurances sociales tout en réduisant le recours à l’aide sociale parmi les salariés aujourd’hui précarisés. Enfin, le dispositif pourrait contribuer à lutter contre la sous-enchère salariale, une pratique encore trop répandue dans l’économie valaisanne, selon les syndicats.

«De trop nombreux employeurs misent encore sur une main d’œuvre bon marché pour augmenter leurs profits, s’insurge Blaise Carron. Ils portent un énorme préjudice à l’ensemble des salariés dont les rémunérations sont mises sous pression et nuisent également aux employeurs qui paient correctement leurs employés.» L’initiative valaisanne entend mettre un terme à ces dérives. Elle prévoit toutefois d’exclure de son champ d’application les stagiaires, les apprentis et les personnes dont les rapports de travail s’inscrivent dans un programme d’intégration. Pour défendre leur projet, les initiants s’appuient notamment sur les études menées dans les cantons de Neuchâtel et de Genève, qui ont montré que l’introduction d’un salaire minimum légal n’avait eu aucun effet négatif sur l’emploi, le pouvoir d’achat ou l’inflation.

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