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Batailles rangées autour du salaire minimum

Jeunes travaillant en été dans un food-truck.
© Neil Labrador / Archives

Alors que les Genevois doivent se prononcer le 8 mars sur une dérogation pour les jobs d’été, le Grand Conseil vaudois débat des contours d’un éventuel salaire minimum.

Alors que les Genevois doivent se prononcer le 8 mars sur une dérogation pour les jobs d’été, le Grand Conseil vaudois débat des contours d’un éventuel salaire minimum.

Un salaire minimum, oui, mais pour qui? On peut résumer ainsi les débats qui ont lieu en ce moment des deux côtés de la Venoge. A Genève, où la mesure est en vigueur depuis novembre 2020, on vote le 8 mars pour savoir s’il faut en dispenser les jobs d’été. Et dans le canton de Vaud, le Grand Conseil débat des initiatives lancées en 2023 par la gauche et les syndicats, auxquelles le Conseil d’Etat a opposé un contre-projet. Dans les deux cas, c’est une question d’exception(s) au salaire minimum qui divise. 

La population genevoise doit donc décider si les jobs d’été des étudiants seront à l’avenir payés 25% en-dessous du salaire minimum cantonal (qui est de 24,59 francs l’heure en 2026), soit 18,44 francs l’heure. Cela concernerait les emplois exercés durant les vacances scolaires et universitaires par des étudiants immatriculés dans un établissement de formation reconnu, pour une durée maximale de 60 jours par an. La majorité de droite du Grand Conseil a décidé en octobre de modifier la loi en ce sens, et le Conseil d’Etat soutient cette réforme. Il s’agirait selon eux d’empêcher que les jobs d’été ne disparaissent.

 

Argument douteux

L’argument qui est brandi est un sondage effectué auprès des membres de la Fédération des entreprises romandes, dont plus de la moitié auraient renoncé à embaucher des étudiants pendant les vacances parce que cela leur coûterait désormais trop cher. 

Neuchâtel, l’un des cinq cantons ayant introduit un salaire minimum, a déjà adopté une telle exemption, mais avec une diminution de 10%, et non de 25% comme c’est prévu à Genève, où il existe par ailleurs déjà une dérogation pour les jobs d’été dans les secteurs au bénéfice d’une convention collective de travail (CCT). 

La gauche genevoise et les syndicats peinent à croire à la disparition pure et simple de ces emplois, et ne voient dans cet argument qu’une manière pour les milieux patronaux de saborder le salaire minimum, dont ceux-ci ne voulaient pas. «Si on accepte cette dérogation pour les jobs d’été, on ouvre la porte à d’autres exceptions majeures par la suite, craint Yves Defferrard, secrétaire régional d’Unia Genève. Cela reste une attaque contre le salaire minimum, point à la ligne. L’évaluation présentée récemment par le Canton montre pourtant qu’il n’a pas eu d’impact sur l’emploi.»

De leur côté, les députés vaudois doivent décider s’ils approuvent le contre-projet du Conseil d’Etat, lequel prévoit plusieurs exceptions au salaire minimum envisagé, notamment pour les étudiants de moins de 25 ans et dans les branches où existent des CCT. Refus catégorique de la gauche, qui estime que cela le viderait de sa substance. Le débat se poursuivra après les vacances.

 

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