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Quand la compassion vire à l’exploitation

Travaux d’utilité publique, programmes d’occupation, bénévolat associatif: de nombreuses personnes exilées travaillent pour rien, ou presque. Du nettoyage des bus à celui des toilettes des foyers en passant par le tri des déchets et autres tâches, elles sont incitées par les autorités suisses à démontrer leur bonne intégration. Cette évolution s’inscrit «dans une lecture méritocratique et néolibérale de l’asile», dénonce l’ODAE (Observatoire romand du droit d’asile et des étranger·èrexs) qui se penche sur ce thème dans le dernier numéro de son magazine Panorama. L’organisation souligne que la précarité des statuts et la non-reconnaissance des diplômes étrangers permettent de surcroît «l’assignation des personnes à une position de working poors sur un marché du travail ségrégué».

Pour lever encore un peu plus le voile sur les coulisses de l’asile, l’ODAE invite à une discussion avec Agnès Aubry, docteure en science politique et membre associée du Centre de recherche sur l'action politique de l'Université de Lausanne, autour de son livre De l'aide à la mise au travail gratuit des exilé·es. La fabrique néolibérale des politiques d'accueil et d'assistance (Editions Seismo, 138 pages, 2026), le 22 octobre à 18h30, au café culturel Mécanoscriptophile à Lausanne (Terreaux 18 bis).

Basé sur une enquête de terrain, l'ouvrage montre l'exploitation à l’œuvre: le travail gratuit des personnes dans le processus d’asile comme une forme de mise à l’épreuve civique, ainsi que la délégation par les pouvoirs publics de sa mission d’assistance à des associations bénévoles, formées en grande majorité par des femmes, tout en les orientant. Comme le souligne l’autrice, «les bénévoles représentent ainsi la face morale du dispositif d’asile, qui articule étroitement aide et contrôle». 

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