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Neuchâtel défend le vivre ensemble jusqu'à Berne

manifestation Migration Berne
©Olivier Vogelsang

Des syndicats, des associations de défense des personnes migrantes, des organisations de soutien à la Palestine ou aux queers: tous étaient réunis dans les rues de Berne.

La manifestation «Entre nous pas de frontières», soutenue par Unia, a réuni des milliers de personnes dans la capitale, ce samedi 26 septembre. Nous avons fait le trajet avec une délégation neuchâteloise.

Le titre «Siamo tutti antifa»  s'échappe d'une enceinte portable, à l'arrière d'un bus qui quitte Neuchâtel. À l'intérieur? Une cinquantaine de personnes inscrites pour participer à la manifestation «Entre nous pas de frontières». Juste devant, le car qui a récoltés les manifestants du Locle et de La Chaux-de-Fonds est tout aussi rempli. Une forte présence neuchâteloise, synonyme de succès pour toutes les organisations qui se sont mobilisé afin de faire passer un message fort dans les rues de Berne, à l'image d'Unia Neuchâtel, de Droit de Rester Neuchâtel, de L'AMAR ou de l'association Ekir.

Un peu avant 14h, à peine arrivé à la Schützenmatte, dans la capitale, les occupants du bus s'activent. Munis d'une vingtaine de pancartes en carton vierges, ils s'attèlent à l'écriture des slogans qu'ils brandiront dans quelques minutes. «Je me demande encore ce que je vais écrire, réfléchit Ssebutindde Emmanuel Ngobya. Mais l'important c'est d'être là et de faire entendre sa voix pour défendre la vie de tous. Si on veut être suivis, il faut parler fort!»

Un thème qui touche tout le monde

Et il n'est pas seul à partager cet avis. Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le centre-ville de Berne ce samedi 26 septembre. Une mobilisation qui n'étonne pas Laura Galhano et Nathalie Sosa, secrétaires syndicales à Unia Neuchâtel. «C'est un thème qui touche tout le monde. Les lois suisses rendent difficile l'obtention d'un permis de travail, indiquent les deux syndicalistes. C'est donc important de manifester pour que cette loi change et que les droits des migrants soient élargis.» Les deux collaboratrices d'Unia Neuchâtel constatent cette réalité quotidiennement dans leur travail. «De nombreuses personnes sans papier travaillent dans le canton, par exemple dans la construction. Et ce statut complique tout pour elles: accéder au logement est très difficile, tout comme acheter un véhicule ou même, dans certaines communes, se rendre à la bibliothèque!»

14h45: la foule se rassemble. Les instructions sont données, en suisse allemand et en français, puis c'est le moment pour les milliers de manifestants de prendre les rues de Berne. Durant plus d'une heure, la démocratie et le vivre-ensemble sont loués de mégaphones en mégaphones. La migration, comme phénomène normal qui a toujours existé et qui continuera à exister, est défendue par les différents intervenants qui s'expriment tout au long du cortège. Ce dernier s'arrête devant le Palais fédéral, où les derniers discours doivent être prononcés.

«Une attaque contre une personne migrante, c'est une attaque contre tous les travailleurs»
Cyprien Baba, coprésident du groupe d'intérêt Migration à Unia Suisse

Justement, on retrouve un Neuchâtelois sur la Bundesplatz. Micro à la main, c'est la première fois que Cyprien Baba s'adresse à une foule si large. Le Loclois, originaire de Côte d'Ivoire, est arrivé en Suisse en 2009. Déjà engagé dans les milieux associatifs et politiques dans son pays, il continue à militer en Suisse auprès d'Unia et occupe aujourd'hui le rôle de coprésident du groupe d'intérêt Migration au sein du syndicat. «Un tel discours, c'est une toute nouvelle expérience, sur cette place mythique en plus, sourit Cyprien Baba. Je suis honoré de la confiance que m'accordent mes camarades de lutte. J'ai reçu des félicitations, mais j'attends de me regarder avant d'être satisfait!»

Si le Loclois est exigeant, c'est qu'il sait que l'enjeu est crucial. «C'était important pour moi de prendre la parole aujourd'hui pour dire que les travailleurs et les travailleuses n'ont rien à gagner s'ils se battent les uns contre les autres. Au contraire, une attaque contre une personne migrante, c'est une attaque contre tous les travailleurs.» Après avoir acclamé leur camarade, l'heure de rentrer s'approche pour les Neuchâtelois. Le bus a fait le tour de la Ville et les attend à quelques pas du Palais fédéral. L'enceinte portable a encore un peu de batterie. Ouf, le trajet se fera, comme à l'aller, en musique.

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