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L’avenir de Nestlé Waters se précise, sans dissiper les craintes

Manifestation devant le siège de Nestlé en 2025
© Olivier Vogelsang/archives

En septembre 2025, des délégations de salariés venues des quatre coins de l’Europe avaient manifesté devant le siège de Nestlé, à Vevey, pour dire que «leur avenir n’est pas à vendre».

La multinationale veveysanne a finalement trouvé un partenaire pour investir dans sa filiale. La consultation du personnel vient de commencer.

Cela fait plus d’un an que le personnel de Nestlé Waters attend de savoir à quelle sauce il sera mangé. Si aujourd’hui son avenir semble un peu moins flou, des craintes subsistent néanmoins. Le 23 juillet, Nestlé a diffusé un communiqué de presse annonçant avoir trouvé un partenaire pour exploiter sa division des eaux et boissons. Précisons qu’en l’état, il ne s’agit pas d’un repreneur, puisque la multinationale veveysanne sera détentrice de 50% du capital de l’entité qui va être créée pour gérer les activités de Nestlé Waters, laquelle regroupe plus de trente marques, dont Perrier, San Pellegrino, Vittel, Contrex ou encore Henniez.

Cette coentreprise, baptisée Peranel et pesant 4,5 milliards de francs, appartiendra donc pour moitié au géant suisse de l’agroalimentaire et pour moitié à Platinum Equity, un fonds d’investissement américain spécialisé dans les fusions, les acquisitions et la gestion opérationnelle des entreprises. La nouvelle entité, dont le siège sera à Paris, aura à sa tête Muriel Lienau, l’actuelle directrice générale de Nestlé Waters. La filiale, dont la rentabilité est inférieure à celle du groupe, a fait l’objet ces derniers temps de polémiques, notamment à propos de ses méthodes illégales de filtration de l’eau.

Salariés mobilisés

Rappelons que l’annonce par Nestlé de la recherche d’un partenaire avait mobilisé les salariées et les salariés de Nestlé Waters – plus de 5500 personnes en Europe et 33000 dans le monde entier – dont des délégations venues des quatre coins du Vieux-Continent avaient manifesté en septembre 2025 devant le siège de Nestlé, à Vevey, pour dire que «leur avenir n’est pas à vendre».Tous redoutaient que l’opération ne se solde par des fermetures d’usines, des suppressions d’emplois et la remise en cause des acquis sociaux.

En août, certains de leurs représentants ont rencontré la direction de Nestlé, dans le cadre de la procédure de consultation des employés – qui va durer deux mois et est obligatoire dans ce genre d’opération. Christophe Kauffmann, coordinateur syndical CFDT pour Nestlé en France et coprésident du Comité d'information et de consultation européen de Nestlé (CICEN), a participé à cette réunion. «S’ils veulent que les salariés soient pleinement rassurés, il faudra qu’ils prennent des engagements écrits et sur la durée, déclare-t-il. Nous voulons avoir la certitude que, dans chaque pays où Nestlé Waters a des activités, les accords conclus sur les salaires, les effectifs, les retraites ou le droit de participation seront maintenus. On nous le promet aujourd’hui, mais que se passera-t-il si un jour Platinum Equity exige davantage de rendement?» Christophe Kauffmann déplore à ce propos qu’aucun représentant du fonds d’investissement américain n’ait été présent lors de cette rencontre. De plus, pour lui, la future répartition des rôles entre celui-ci et Nestlé n’est pas très claire. 

Inquiétudes chez Henniez

«La direction de Nestlé se veut rassurante, mais pour l’instant, nous n’avons pas de garanties, confirme Fiona Donadello, secrétaire syndicale d’Unia Vaud dans le secteur de l’industrie. En Suisse, il y a de grandes interrogations sur le maintien de la convention collective de travail, des contrats individuels et du fonds de retraite. On nous dit qu’il y aura une période de transition de deux ans, mais au-delà, on ne sait pas trop ce qu’il va se passer.»

Même son de cloche du côté des employés de Nestlé Waters. «On nous dit que nos conditions de travail seront préservées, mais il reste des choses à clarifier, note Timo Stoyer, membre de la commission du personnel d’Henniez. Et puis, nous craignons que des marques locales comme Henniez, dont le chiffre d’affaires a beaucoup diminué, ne soient sacrifiées au profit des deux grosses marques que sont Perrier et San Pellegrino.»

Les délégués syndicaux ont mandaté un cabinet d’expertise pour analyser la création de cette coentreprise. La prochaine rencontre avec la direction de Nestlé devrait avoir lieu fin septembre, et le personnel a jusqu’à fin octobre pour donner son avis sur cette opération financière.

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