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Trois secrétaires syndicaux romands diplômés par Movendo

Portrait Simon de Benoit
© Olivier Vogelsang

Simon de Benoit a réalisé son travail de brevet sur la portée et les limites des mesures de protection de la santé des ouvriers face aux intempéries sur les chantiers vaudois.

La remise des brevets fédéraux pour les personnes ayant réussi leur formation de secrétaire syndical a eu lieu le 5 juin. Un collaborateur d’Unia Vaud et deux d’Unia Transjurane ont reçu leur diplôme.

Après l’effort, le réconfort. Ou du moins, la reconnaissance. Vendredi 5 juin, six secrétaires syndicaux ont reçu leur brevet fédéral dans le cadre de l’assemblée des délégués de l’Union syndicale suisse. Parmi les lauréats se trouvent quatre collaborateurs d’Unia, dont trois romands. Ce cursus – dispensé par Movendo, l’institut de formation des syndicats – comporte une quarantaine de jours de cours. Il implique aussi l’écriture d’un travail de brevet sur une thématique spécifique, choisie par le secrétaire syndical en formation. Simon de Benoit, actif dans le secteur du gros œuvre, s’est intéressé à la portée et aux limites des mesures de protection de la santé des ouvriers face aux intempéries sur les chantiers vaudois. Fabien Amacin, de la branche industrie et horlogerie à Unia Transjurane, a analysé les liens entre l’amélioration d’une convention collective et le développement du nombre d’adhérents à un syndicat. Toujours dans la région Transjurane, Gregory Batista Machado, du secteur gros œuvre, a, lui, décortiqué la notion de «travail convenable» dans le cadre de la Loi sur l'assurance chômage obligatoire. Deux diplômés nous racontent leur formation.

 

SIMON DE BENOIT, 39 ans, Lausanne

Quel est votre parcours professionnel?

Après un début de formation de paysagiste, je suis parti dans le bâtiment, comme maçon. J’ai obtenu mon CFC en cours d’emploi, avant de devenir chef d’équipe. Et en 2017, je suis devenu secrétaire syndical à Unia Vaud.

Comment avez-vous choisi le thème de votre travail de brevet?

Je voulais parler de la protection des travailleurs en cas d’intempéries sur les chantiers parce qu’avant, j’étais de l’autre côté. En théorie, dans le modèle vaudois, il y a un fonds Intempéries qui permet de faire en sorte que ni les entreprises ni les travailleurs ne perdent d’argent. Sauf qu’on n’arrive pas toujours à faire appliquer ce protocole d’accord. Grâce à ce travail, j’ai pu en analyser les raisons. Il y a d’abord la pression sur les délais et les pénalités qui vont avec, qui poussent les entreprises à vouloir continuer le chantier malgré le fonds Intempéries. Et du côté des maçons, on remarque des intérêts divergents entre fixes et temporaires, puisque ces derniers ne bénéficient pas du fonds et veulent travailler pour être payés. Même s’il existe certaines protections pour les intérimaires, ils ont parfois peur de faire valoir leurs droits. C’est aussi un des enseignements de ce travail: même quand des lois sont votées, il faut continuer à se battre pour qu’elles soient effectivement appliquées.

Que vous a-t-elle apporté, cette formation?

C’était important pour moi d’avoir un papier qui atteste des compétences que j’ai développées ici. Et franchement, je conseille à tous les secrétaires syndicaux de profiter de cette formation. J’ai appris beaucoup de choses, notamment sur le plan juridique. Ça me permet d’être plus efficace, car maintenant, je sais tout de suite où chercher certaines informations. J’ai aussi développé mes compétences en communication. D’ailleurs, c’est désormais moi qui m’occupe des réseaux sociaux pour mon secteur à Unia Vaud.

 

FABIEN AMACIN, 47 ans, Movelier

Quel est votre parcours professionnel?

Après un apprentissage en France, je suis arrivé en Suisse il y a quatorze ans et j’ai enchaîné les jobs dans le commerce de détail. Alors que j’étais serveur, j’ai été contacté par Unia, qui voulait s’assurer que mon contrat était respecté… Or, ce n’était pas le cas, et j’ai pu récupérer plusieurs salaires grâce au travail du secrétaire syndical. J’ai vu l’importance de ce métier pour les employés et ça m’a donné l’envie de m’engager moi aussi à Unia. Ce que j’ai fait il y a quatre ans, en arrivant dans la région Transjurane.

Comment avez-vous choisi le thème de votre travail de brevet?

Je me suis intéressé à l’impact que pouvait avoir l’amélioration d’une convention collective de travail (CCT) sur le nombre d’adhérents au syndicat, en me basant sur la CCT de l’horlogerie. Mais malheureusement, la seule CCT ne suffit pas à faire monter le nombre de travailleurs qui se syndiquent. Ce chiffre est même en baisse dans l’horlogerie, principalement à cause du «Papy Boom». Les travailleurs plus âgés, qui sont très attachés au syndicat, partent à la retraite. Mais on peut faire changer les choses! Nous allons envoyer un courrier aux membres de plus de 60 ans afin de leur rappeler que c’est grâce à leur engagement que de nombreux droits ont été acquis et qu’il est donc important qu’ils passent le flambeau en parrainant des collègues plus jeunes.

Que vous a-t-elle apporté, cette formation?

J’avais besoin de me sentir plus légitime dans mon rôle de secrétaire syndical. Cette formation était aussi un challenge: je voulais me prouver que – même à 47 ans – je pouvais obtenir un brevet fédéral. D’un point de vue plus pratique, cette formation m’a permis d’avoir une meilleure compréhension du monde et des nombreux enjeux qui touchent la question du travail. On découvre aussi des astuces à mettre en place lors de négociations, par exemple. C’est véritablement une formation que je recommande à tous les secrétaires syndicaux.

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