Les droits des travailleurs se dégradent
«La situation des droits des travailleurs et des travailleuses se détériore et de grandes démocraties viennent aujourd’hui alimenter une crise mondiale sans cesse plus grave.» Tel est le constat de l’étude annuelle mondiale de la Confédération syndicale internationale (CSI) sur 151 pays (classés sur la base de 97 indicateurs).
L’Europe et le continent américain ont atteint leur pire niveau depuis la première édition de l’Indice CSI des droits dans le monde en 2014. Pour la faîtière, cela signifie que «la crise est devenue systémique».
«Jadis considérés comme stables, des pays comme les Etats-Unis et la France contribuent désormais à une recrudescence mondiale de la répression», écrit la CSI. Elle dénonce aussi la chute de l’Argentine qui figure depuis deux ans (soit depuis l’arrivée au pouvoir de Javier Milei) «parmi les pires pays du monde pour les travailleurs».
L’accès à la justice se dégrade, la violence et les atteintes à la liberté d’expression et de réunion augmentent. La CSI dégage trois tendances structurelles: «Les dirigeants syndicaux sont de plus en plus pris pour cibles, arrêtés, persécutés et, dans certains pays, assassinés»; «la surveillance numérique permet de contrôler et de mettre au pas le personnel, de faire taire les travailleurs et d’empêcher la mobilisation syndicale»; «les gouvernements écartent les syndicats et les consultent de moins en moins lors de l’introduction de nouvelles lois sur le travail ou de réformes de la législation du travail».
En Europe, cette hostilité envers les syndicats et leurs membres découle notamment de la montée de l’extrême droite, selon la CSI. De manière générale, son secrétaire général, Luc Triangle alerte: «Les travailleurs sont dépouillés de leurs droits et réduits au silence, les économies sont manipulées au profit d’une poignée de puissants. Lutter pour les droits des travailleurs revient à lutter pour la démocratie elle-même, pour nos droits, pour notre sécurité et pour nos moyens de subsistance.»