Le Fonds national suisse réduit de 20% son apport aux ouvrages issus de la recherche. Le milieu se mobilise et lance une pétition.
Alors qu’ailleurs dans le monde, et tout particulièrement aux Etats-Unis, les acteurs scientifiques font l’objet d’attaques de nature idéologique et financière, la Suisse ajoute de son côté une brique à cet édifice peu reluisant. Il y a quelques jours, le Fonds national suisse (FNS) a annoncé vouloir réduire de 20% son soutien aux publications issues de la recherche universitaire. A cette coupe s’ajoute encore un resserrage drastique du domaine d’éligibilité aux aides. Seront désormais exclus de tout financement ces travaux de qualification n’étant pas en lien avec une thèse de doctorat ou avec un projet de recherche placé sous la houlette du FNS. Ces mesures draconiennes touchent principalement le domaine des sciences humaines et sociales – histoire, anthropologie, philosophie, psychologie, science politique, pédagogie, langue et littérature… Des champs d’études étendus mais qui représentent cependant moins de 1% du budget du FNS. Le milieu concerné a décidé de se mobiliser pour dénoncer ce qui s’apparente à ses yeux à un sabotage de la qualité et de la quantité des travaux de recherche. Ce qui a pour conséquence une réduction drastique des publications par les maisons d’édition. Les professionnels alertent également sur le risque que la recherche dépende toujours plus de grands groupes internationaux, ce qui comporterait une perte de maîtrise sur la diffusion du savoir. Les éditeurs suisses spécialisés dans le domaine ont lancé une pétition. Ils réclament la garantie d’un accès ouvert et durable aux résultats de la recherche, le maintien des conditions de publications en vigueur aujourd’hui, la préservation de la souveraineté scientifique et éditoriale et le financement des ouvrages sans réduction du périmètre d’éligibilité. Pour signer la pétition: avaaz.org/community_petitions/fr