A l’appel d’un collectif d’organisations de la société civile, différents rassemblements se sont déroulés le 21 avril à Lausanne et à Genève pour exiger la suspension des renvois d’exilés du Burundi. Parallèlement, l’alliance a interpellé par courrier les autorités fédérales et cantonales concernées pour qu’elles renoncent à expulser cette catégorie de personnes en attendant un réexamen du contexte prévalant dans leur pays d’origine. Les associations dénoncent une situation alarmante et préoccupante des droits humains au Burundi ainsi que les risques encourus par les requérants d’asile déboutés. Elles évoquent des dangers de persécution, d’incarcération arbitraire, de disparitions, voire d’exécutions. Elles s’inquiètent tout particulièrement de potentielles représailles à l’égard d’exilés menacés d’expulsion et ayant participé à une manifestation dans la capitale vaudoise qui a fait l’objet d’une vidéo largement diffusée. Et insistent sur le besoin de protection des personnes de cette origine.
Les démarches entreprises par les associations font suite à plusieurs détentions administratives et tentatives d’arrestations de Burundais en vue de leur refoulement. Ces dernières ont notamment eu lieu dans les cantons de Vaud et de Soleure. Les organisations soulignent qu’un renvoi forcé «est source d’une immense détresse, d’un profond malaise et de grandes souffrances». Et mentionnent le suicide, le 5 avril dernier à Zurich, d’un requérant d’asile burundais dont la demande d’asile a été rejetée. Le collectif note encore que les membres de l’Union européenne n’ont à ce jour pas procédé au retour contraint de Burundais.
Interpellé par Le Courrier, le Secrétariat d’Etat aux migrations a affirmé suivre attentivement l’évolution de la situation au Burundi. Et précisé que le rejet d’une demande d’asile signifie que l’administration «a écarté l’existence d’un risque de persécution pertinent au sens de la Loi sur l’asile».
A l’heure où nous mettions ce journal sous presse, un vol spécial aurait déjà été affrété avec à son bord des exilés burundais qui se trouvaient en détention administrative.
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