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«L’heure est à des améliorations concrètes»

A la suite de la publication du Rapport sur l’éducation, l’Union syndicale suisse livre son analyse et ses recommandations dans le domaine de l’apprentissage.

Efficacité, efficience et équité: voilà les critères servant à évaluer les différents niveaux de formation dans notre pays. Récemment publié, le cinquième Rapport sur l’éducation offre une vue d’ensemble sur le système d’instruction helvétique. Il a été réalisé par le Centre suisse de coordination pour la recherche en éducation. Et donne des informations sur la réalisation d’objectifs politiques communs de la Confédération et des cantons.

Pénurie de places

L’Union syndicale suisse (USS) a pris connaissance de ce document de 400 pages et se prononce sur la formation professionnelle. Pour les syndicats, «l’heure est à des améliorations concrètes». Dans un communiqué de presse, la faîtière syndicale rappelle l’importance de l’apprentissage, «pilier central et atout de l’économie suisse», non sans dénoncer des faiblesses structurelles. «Le mythe de la “formation professionnelle parfaite” correspond de moins en moins à la réalité», remarque l’USS, tout en listant les problèmes constatés. Comme une fluctuation des places disponibles. Celles-ci se révèlent moins nombreuses en temps de crise économique quand bien même le nombre de jeunes arrivant en fin de scolarité croît. «Une pénurie de places d’apprentissage est d’autant plus à craindre que les entreprises ne reconduisent pas automatiquement leurs activités de formation. D’ici à 2033, une augmentation de 16% du nombre d’apprentis est à prévoir, en particulier dans les domaines de l’informatique et des technologies de la communication ainsi que de la santé et du social, tandis que de nombreux professionnels qualifiés partiront à la retraite.»

Salaires insuffisants
L’USS pointe aussi la qualité et l’attrait des formations, sachant que près d’un quart des participants rompent prématurément leur contrat. Et que seuls 80% d’entre eux reprennent une formation, le reste quittant définitivement le système éducatif. Cette situation pousse les syndicats à demander l’établissement de normes minimales contraignantes, un soutien accru aux formateurs et davantage de contrôles. Autre doléance: des salaires jugés trop bas après l’apprentissage, majorés seulement en moyenne de 10% par rapport à une main-d’œuvre non qualifiée. Aussi, l’USS réclame-t-elle des rémunérations qui ne soient pas inférieures à 5000 francs. 

L’organisation dénonce en outre des inégalités sociales et l’absence de perspectives pour les jeunes issus de l’immigration. Selon ses observations, ces derniers doivent envoyer nettement plus de candidatures que leurs homologues suisses. La perméabilité du système éducatif reste également limitée: seuls 20% des apprentis aux racines étrangères effectuent une formation professionnelle supérieure dans les huit ans suivant l’obtention de leur diplôme. Ils sont, durant cette même période, 15% à commencer des études dans une haute école spécialisée.

L’USS estime en outre que les besoins de certification professionnelle pour les adultes sont négligés. «Selon le rapport sur l’éducation, 530000 adultes n’ont aucun diplôme du degré secondaire II, alors que 70% d’entre eux exercent une activité professionnelle. En Suisse, pas moins de 14% des personnes âgées de 25 à 64 ans n’ont pas suivi de formation post-obligatoire. Le potentiel en matière de diplômes professionnels pour les adultes est donc énorme.» 

Davantage de vacances
L’organisation faîtière remarque par ailleurs que le système d’apprentissage bénéficie surtout aux entreprises. Et souligne que l’économie profite toujours plus de la formation des apprentis, avec un gain net de 800 millions de francs par an. «Le profit net est en moyenne de 4500 francs par année et par contrat d’apprentissage.» Dans ce contexte, elle réclame davantage de vacances pour les jeunes engagés dans cette voie, afin de leur permettre de mieux se reposer. Et cela sachant que les sociétés en ont les moyens...

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