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L’information en péril

Que demande l’initiative SSR «200 francs ça suffit!»?
Elle propose de réduire la redevance annuelle de la SSR, aujourd’hui de 335 francs, à 200 francs. Porté par l’UDC et soutenu par une partie des milieux économiques, le texte estime que 200 francs par foyer est un montant suffisant pour financer les médias de service public en Suisse. Les entreprises et les commerces, qui paient actuellement une redevance en fonction de leur chiffre d’affaires, en seront exonérés. Les initiants surfent sur l’argument financier, en mettant en avant le soulagement des consommatrices et des consommateurs et notamment des personnes seules et des jeunes, dans un contexte où toutes les dépenses augmentent. Tout le monde aura plus d’argent pour vivre, disent-ils.

Qu’est-ce que le projet ne dit pas?
Bien que paraissant attractive et convaincante, ce qui est souvent le cas quand on touche au porte-monnaie, l’initiative SSR aura des répercussions graves si elle passe la rampe le 8 mars prochain. En effet, le budget actuel de 1,3 milliard de francs par an sera divisé par deux, ce qui entraînera des licenciements mais aussi une centralisation des productions, très probablement en Suisse alémanique. Concrètement, au niveau de l’emploi, 6000 postes pourraient être supprimés, à l’interne mais aussi chez les acteurs externes de la branche de l’audiovisuel. Pour le reste, il est fort probable que la RTS multiculturelle et ancrée dans les régions que nous connaissons aujourd’hui n’existera plus.

En quoi cette initiative est-elle dangereuse?
Cette attaque contre la SSR ressemble à d’autres attaques contre les services publics dans plusieurs pays européens. L’objectif est le même: affaiblir, voire démanteler les médias de service public pour en faire des porte-voix du gouvernement ou les mettre ensuite sous le contrôle de groupes qui servent des intérêts partisans. Alors que l’offre médiatique s’est déjà considérablement amenuisée ces dernières années, on risque de fragiliser encore plus la diversité des médias et la liberté d'expression et d'information, laissant la place aux fake news et à la désinformation…