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La Suisse a besoin des migrants

Action devant le Palais fédéral.
© Thierry Porchet/Archives

Unia milite contre l'initiative de l'UDC «Pas de Suisse à 10 millions», qui veut mettre un frein à l’immigration si la population du pays dépasse les 9,5 millions d’habitants.

A l’occasion de la journée internationale des personnes migrantes, Unia Genève rappelle que celles-ci subissent encore des discriminations sur leur lieu de travail, alors que notre économie a besoin d’elles.

Beaucoup de secteurs de l’économie suisse ne tourneraient pas sans l’apport des résidents d’origine étrangère. Cela peut sonner comme une évidence, mais elle doit régulièrement être rappelée face aux velléités récurrentes de durcissement de la politique migratoire. A l’occasion de la Journée internationale des personnes migrantes, Unia Genève déplore, dans un communiqué intitulé «Migrer n’est pas un délit. Exploiter, oui», que beaucoup d’entre elles subissent encore du racisme, des discriminations et des abus sur les lieux de travail.

Le sujet occupe à nouveau les esprits alors que les Suisses devront se prononcer sur l’initiative de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions». Ce texte, combattu par les syndicats et rejeté par les deux chambres du Parlement, vise à mettre un frein à l’immigration si la population du pays dépasse les 9,5 millions d’habitants. Sous couvert de développement durable, cela obligerait notamment le Conseil fédéral à dénoncer les accords de libre-circulation des personnes avec l’Union européenne.

 

Les bénéfices de la migration

Unia Genève cite l’ONU, selon laquelle «la Journée internationale des migrants, célébrée chaque année le 18 décembre, nous donne l'occasion de mettre en lumière les contributions inestimables de millions de migrants dans le monde. […] La migration est une force déterminante de notre siècle. Elle est bénéfique à de nombreux égards, […] elle permet aussi de lutter contre la pénurie de main-d'œuvre, de stimuler l'innovation et elle œuvre à la stabilité démographique.»

Le syndicat souligne que plus de la moitié de ses membres n’ont pas de passeport à croix blanche, et il affirme son engagement en faveur d’une Suisse ouverte et solidaire avec les mêmes droits pour toutes et tous. En particulier via les groupes d’intérêt Migration d’Unia qui, dans les régions, militent entre autres pour l’égalité des chances, les droits de participation et la sécurité de séjour. «Grâce à la mobilisation collective, nous avons arraché des hausses de salaires, renforcé les contrôles sur les chantiers, amélioré les protections dans les conventions collectives de travail, et obtenu des régularisations pour des collègues laissés dans la précarité.»

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