La mobilisation historique de la fonction publique a payé
La fonction publique vaudoise s'est mobilisée durant plusieurs semaines contre le budget d'austérité. En plus de journées de grève, plusieurs manifestations ont réunies, à chaque fois, plus de 25000 personnes dans les rues de Lausanne.
Dans le canton de Vaud, l’ampleur des manifestations et des journées de grève a permis d’arracher quelques améliorations au budget 2026. Mais le combat syndical continue.
«Une victoire syndicale importante contre le budget d’austérité face à un gouvernement autoritaire et en crise.» C’est ainsi que les syndicats de la fonction publique résume la situation vaudoise dans un communiqué publié le 17 décembre, après l’approbation du budget 2026 par le Grand Conseil. Ce dernier a fini par l’accepter, malgré des voix très critiques, par 94 voix pour, 44 contre (majoritairement à gauche) et 6 abstentions. A la suite d’une lutte de longue haleine, le SSP, la FSF, Sud et des milliers de travailleuses et de travailleurs du secteur public et parapublic ont obtenu en partie gain de cause. Soit le retrait de la «contribution de crise» de 0,7% sur les salaires des employés de l’Etat et l’annulation de la décharge de fin de carrière des enseignants. De surcroît, les coupes prévues dans les EMS ont été réduites de moitié et celles dans le secteur de l’enfance pour 2027 supprimées. Les rattrapages salariaux dans le secteur social seront financés. «Ces victoires sont le fruit de mobilisations massives», souligne les syndicats. L’ampleur des manifestations et des journées de grève depuis octobre sont historiques.
Les syndicats ne relâchent pas la pression pour autant, car cette crise a révélé de nombreux dysfonctionnements et une vision néolibérale du conflit social. Face aux attaques de la droite outrée que des mobilisations syndicales influent sur le débat parlementaire, ils doivent même rappeler que les droits de grève et de manifestation sont inhérents au processus démocratique. De surcroît, face à la déclaration unilatérale de l’illicité de la grève par le Conseil d’Etat (à majorité de droite), en fin de semaine dernière, ils ont aussi dû expliquer que seul l’Office de conciliation pouvait le déterminer. Le communiqué fustige également l’entêtement du Conseil d’Etat dans son refus de négocier et sa manière de reporter ses responsabilités sur le Grand Conseil.
Budget antisocial
Malgré les améliorations apportées dans le budget vaudois, le combat syndical n’est donc pas terminé. Ce budget d’austérité «antisocial» va continuer de peser sur les travailleuses et les travailleurs et la population qui bénéficie de leurs services, dans les écoles, les hôpitaux, les garderies, etc. D’ailleurs tous les partis ont critiqué ce budget lors des six séances, soit 36 heures de discussions.
Le gouvernement a déjà fait entendre que les employés démissionnaires ou partant à la retraite seraient remplacés seulement après un délai de six mois. De quoi surcharger des équipes, notamment dans domaine de la santé, déjà à bout de souffle…
«Les baisses d’impôts et l’application illégale du bouclier fiscal ont mis le canton dans cette situation budgétaire, il est temps de changer de cap. Il n’y a pas de crise financière, la dette est quasi-nulle et les réserves accumulées sont largement suffisantes pour prendre le temps de procéder à une vraie analyse de la situation des services publics et parapublics», soulignent les syndicats, pour qui il ne s’agit pas d’adapter les charges aux recettes, mais de garantir la qualité des prestations et les conditions de travail. En bref: «Il n’y a pas de marge pour couper dans les services publics et parapublics.» Et de conclure que la rencontre annoncée par la présidente du Conseil d’Etat, Christelle Luisier, en janvier «devra ouvrir de véritables négociations».