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Un nouvel outil pour améliorer la santé au travail

Le Canton de Genève a inauguré un nouveau dispositif en matière de santé au travail. Explications

Favoriser la mise en place d’un environnement professionnel sain et l’accès à des prestations ciblées en matière de santé au travail: voilà notamment les objectifs poursuivis par un projet pilote inédit récemment présenté par le Canton de Genève. Celui-ci, unique en Suisse, s’est concrétisé par la création d’une Consultation interdisciplinaire en santé au travail (CIST) réunissant une quarantaine de spécialistes du domaine, entre médecins, ergonomes, psychologues ou encore ingénieurs en sécurité. Le dispositif s’adresse aux salariés, aux indépendants, aux employeurs, aux professionnels de la santé ainsi qu’aux partenaires sociaux. Il concerne aussi bien la prévention que la prise en charge de problèmes de santé physiques et psychiques liés aux conditions de travail: risques psychosociaux, troubles musculo-squelettiques, exposition à des substances toxiques. Les prestations proposées comprennent en outre la protection de la maternité au travail, le conseil et le soutien à l’application de normes légales, l’expertise technique ou encore la formation et la sensibilisation en entreprise. Le fonctionnement de la CIST? Il suffit de se rendre sur les pages web de Genève et de remplir le formulaire ad hoc. La demande est ensuite traitée sans frais et de manière confidentielle par l’unité de médecine de l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (OCIRT). Celle-ci se charge ensuite de transmettre au demandeur une liste de spécialistes de la Consultation à même de traiter la requête. Ces interventions seront alors facturées. A noter que certaines d’entre elles pourront être prises en charge par l’assurance maladie de base. Ou, en cas de maladie professionnelle reconnue, assumées par l’assurance accidents. La CIST joue également le rôle d’observatoire de la santé au travail et doit permettre de mieux évaluer les besoins du terrain. Une mission qui devrait favoriser sa pérennisation.

Le nouveau dispositif résulte d’une collaboration entre le Département de la sécurité, de la population et de la santé et celui de l’Économie et de l’emploi. Les autorités l’estiment d’autant plus important que la Suisse – selon une enquête européenne sur les risques nouveaux et émergents menée en 2019 dans 33 pays – se situe à la dernière place en ce qui concerne la proportion d’entreprises effectuant une évaluation en la matière. Lors de la présentation de la plateforme, les responsables ont aussi rappelé l’impact des conditions de travail sur la santé à Genève: 4 travailleurs sur 5 seraient affectés par un ou plusieurs risques physiques et près de 9 sur 10 par un ou plusieurs risques psychosociaux (selon le rapport de l’Observatoire suisse de la santé publié en 2020, cité par les responsables). Le coût des maladies professionnelles est par ailleurs estimé à 3% au moins du produit intérieur brut – soit, pour Genève, plus de 1,5 milliard de francs par an.

Une démarche qualifiée de positive et des regrets

Si Unia Genève salue la démarche entreprise par les autorités, il regrette de n’avoir pas été associé à la réflexion. «Nous avons été informés de cette initiative une semaine avant son démarrage, au détour d’une réunion qui n’avait pas pour but cet objet», note Anna Gabriel Sabaté, secrétaire régionale d’Unia Genève. «Aussi, nous n’avons pas pu poser de questions plus précises relatives à certaines modalités, notamment en ce qui concerne la facturation des prestations. Il faudra clarifier à qui les frais seront imputés au risque de voir l’utilité du dispositif freinée.» Le fait de n’avoir pas été intégré au projet déçoit d’autant plus le syndicat qu’il dispose de beaucoup d’informations remontant des salariés. Une situation qu’il avait aussi déplorée lors de la création de la task force mise en place pour gérer la pandémie de Covid. «Nous étions pourtant en première ligne, sollicités tous les jours par les travailleurs sur des problèmes de santé et de sécurité.» Malgré ces observations, Unia juge positivement la démarche. «Toutes les initiatives des autorités visant à une meilleure surveillance du marché du travail et du respect des lois sont bienvenues. Nous verrons à l’usage l’efficacité du dispositif. Nous pouvons aussi contribuer à le faire connaître.»

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