Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Coiffure: conditions de travail protégées

Coiffeuse au travail.
© Olivier Vogelsang

La Convention collective de travail de la branche de la coiffure couvre quelque 11500 salariés pour un total de 3000 à 4000 salons.

La Convention collective de travail de la branche de la coiffure a été prolongée et déclarée de force obligatoire générale

Nouvelle rassurante pour le personnel travaillant dans la coiffure: la Convention collective de travail (CCT) de la branche a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2022 et déclarée de force obligatoire par le Conseil fédéral. Les partenaires sociaux – à savoir Unia, Syna et Coiffure Suisse – s’étaient entendus au préalable pour maintenir cet accord en vigueur. Rappelons que les négociations avaient été interrompues en février dernier à la suite d’un litige avec une nouvelle association patronale. «Celle-ci souhaitait être intégrée aux pourparlers sans être représentative dans le secteur ni avoir entrepris les démarches nécessaires», résume Véronique Polito, membre du comité directeur d’Unia. Si la bataille juridique avait été gagnée par les partenaires en mars, la pandémie de coronavirus avait ensuite suspendu le processus en cours avec le semi-confinement. «Les partenaires sociaux ont alors décidé de prolonger la CCT de deux ans», précise encore la syndicaliste.

Augmentation dans un an

Si la nouvelle Convention contient des améliorations, il faudra se montrer patient. Cette dernière prévoit bien une augmentation des salaires minimums de 30 francs par mois, mais ce sera seulement à partir du 1er janvier prochain et uniquement pour le personnel comptabilisant au moins quatre années d’expérience. Ces rémunérations, qui avaient été rehaussées en 2018, se montent actuellement à 3800 francs pour les collaborateurs non qualifiés bénéficiant de ce même nombre d’années de service et 4000 francs pour les titulaires d’un CFC ou équivalent. «Les patrons estiment que les employés qui débutent dans la profession n’ont pas la même productivité que les plus “anciensˮ. Pour parvenir à ce montant, nous sommes partis de loin», note encore la responsable à Unia. Soulignons aussi qu’à Genève, c’est le tarif horaire plancher de 23 francs l’heure qui s’applique désormais, conformément au résultat des votations cantonales du 27 septembre dernier sur le salaire minimum. Quant aux prochaines négociations, elles devraient débuter cet automne déjà. «Notre première revendication portera sur l’octroi d’un 13e salaire. C’est la principale exigence des travailleuses et des travailleurs du domaine», affirme Véronique Polito.

Barrage au dumping

Les partenaires sociaux ont aussi, dans leur communiqué commun, tiré un bilan positif du renforcement des contrôles inopinés visant à empêcher le dumping salarial et la pression sur les prix dans les branches. «Nous avons intensifié massivement ces inspections, plus du double par rapport à 2018. Une surveillance indispensable, les contrôles ayant présenté des taux d’infractions pouvant s’élever entre 50% et 70%, et majoritairement sur les salaires.»

Les syndicats et l’association patronale ont encore insisté sur l’efficacité du concept de protection mise en œuvre pour barrer la route au Covid-19: «Continuer à l’appliquer strictement est une priorité absolue. La branche contribue ainsi de manière significative à protéger les salariés et à contenir la pandémie.»

La CCT de la coiffure couvre quelque 11500 salariés du secteur pour un total de 3000 à 4000 salons.

Pour aller plus loin

Panique à Genève

Le personnel des magasins est soumis à des conditions de travail inacceptables, sans mesures de sécurité

Bienveillance et respect du personnel attendus

Migros à Chailly, Lausanne.

Unia a réclamé l’application stricte des mesures de protection contre le coronavirus dans tous les commerces de détail. Prise de température dans des magasins et point sur la situation

Les travailleurs des plateformes, ces oubliés

Téléphone portable ouvert sur une application de livraison de repas.

Entre perte de revenu et exposition aux risques de contamination, les chauffeurs VTC et les livreurs à deux roues sont aussi victimes de la crise du coronavirus

Nouveau conflit collectif dans la logistique à Genève

Un drapeau Unia flotte devant une camionnette de livraison.

Un livreur d'Enesa, sous-traitant de DPD, a été licencié après avoir réclamé une prime pourtant promise. Un cas qui a permis à Unia de soulever de nombreux dysfonctionnements