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Genève en lutte contre les coupes budgétaires

Manifestants avec pancartes
©Niels Labrador/Archives

Les 17 et 18 août (comme ici, en 2019), les professionnels de la fonction publique et la population genevoise sont appelés à descendre dans la rue pour contester le plan d’économie du Conseil d’Etat.

Face aux économies drastiques que veut appliquer le Conseil d’État, les syndicats se mobilisent avec une grève et deux manifestations qui marqueront la rentrée scolaire.

«L’automne sera chaud», disait-on autrefois lorsqu’on pressentait la menace de mouvements sociaux massifs. Il faudra désormais réactualiser la formule et lui ajouter une variante estivale, et ce pour des raisons qui dépassent largement les seules questions climatiques que l’on sait. À Genève, le mois d’août est déjà marqué par une forte mobilisation syndicale, avec un mouvement en cours dans le service public et le secteur subventionné, qui se traduit par une grève prolongée, du 10 au 18 août, ainsi que par deux manifestations agendées les 17 et 18 du même mois. Au centre du mouvement, le refus du plan d’austérité voulu par le Conseil d’État, qui vise à économiser 500 millions de francs entre 2027 et 2029. L’exécutif entend y parvenir en s’appuyant en partie sur le catalogue de mesures établi en mai dernier par l’ancien président de la Cour des comptes du canton, Stanislas Zuin, et son équipe.

140 millions soustraits aux soins
Sur les 58 propositions avancées, 17 ont depuis été écartées, dont certaines avaient d’emblée paru fantaisistes. C’est le cas de la réduction du nombre de conseillers d’État, de sept à cinq, de la suppression de la gratuité des transports publics pour les jeunes et les aînés, ou encore du relèvement du temps de travail hebdomadaire des fonctionnaires à 41 heures et 30 minutes. Il reste cependant un paquet consistant de coupes qui, si elles sont appliquées, risquent de mettre à mal des services névralgiques pour la population et des prestations considérées comme essentielles.

Il en va ainsi de la santé publique et, tout particulièrement, des soins hospitaliers. Il est notamment prévu que la dotation des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) soit réduite de 140 millions de francs. Cela toucherait, entre autres, la formation à la Faculté de médecine et dans la filière infirmière, pour un total de 70 millions de francs. L’aide et les soins à domicile, assurés par l’IMAD, seraient eux aussi amputés d’une partie de leurs subventions, tandis que les tarifs des séjours en EMS seraient revus à la hausse.

L’autre domaine visé est celui de l’aide sociale. Les subsides LAMal destinés aux familles à faibles revenus seraient particulièrement affectés, avec une coupe de 30 millions de francs. Le Cartel intersyndical pointe également du doigt la volonté de réduire les aides substantielles qui permettent précisément aux particuliers de sortir de l’aide sociale. Ces interventions draconiennes interviennent alors qu’une hausse de 20% du nombre de dossiers est enregistrée dans ces services destinés aux citoyens les moins favorisés. Enfin, l’enseignement obligatoire est lui aussi victime du plan, avec notamment une réduction des espaces de concertation et de travail pédagogique. C’est, par conséquent, l’accompagnement des élèves qui sera affaibli.

Taxer les fortunes
Face aux propositions de l’exécutif genevois, les syndicats prônent l’exploration de pistes alternatives. Pour Mathilde Mottet, secrétaire syndicale en charge de l’enseignement, de l’Université-HES et de la Commission féministe au sein du Syndicat des services publics (SSP Genève), la première solution a tout d’une évidence: «Il faudrait augmenter l’imposition des grandes fortunes.» Le syndicat souligne par ailleurs que les cadeaux fiscaux accordés aux plus aisés ont coûté au canton de Genève 2 milliards de francs au cours des dernières décennies. Les conséquences se lisent aujourd’hui dans le plan d’austérité mis sur la table.

Celui-ci est d’autant plus mal perçu que, selon les premières indiscrétions, les chiffres pour l’année 2026 seront vraisemblablement dans le noir, alors qu’un déficit avait été annoncé il y a quelques mois. La différence entre ce qui avait été prévu et la réalité du bilan est désormais devenue une constante: les six derniers exercices comptables du canton ont été marqués par ce même décalage, servant souvent d’argument pour opérer d’importantes coupes budgétaires.

Le Cartel intersyndical a ainsi décrété une semaine de lutte. Celle-ci concernera notamment le corps enseignant du primaire, qui sera en grève durant les heures prévues pour les réunions avec la direction générale et les directions des établissements. Les 17 et 18 août, jours de rentrée scolaire, des rassemblements et des manifestations sont prévus. Le SSP lance un appel à la population pour qu’elle y participe et soutienne ainsi la défense des services publics.

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