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Uber: un libre choix trompeur?

Les chauffeurs vont devoir choisir entre rejoindre une société intermédiaire ou devenir indépendants avec des exigences lourdes pour rester sur la plateforme. Unia réagit face à cette actualité.

L’an dernier, le Tribunal fédéral statuait que les chauffeurs travaillant avec l’application Uber devaient bel et bien être soumis à la Loi fédérale sur le service de l’emploi et la location de services (LSE). Les entreprises partenaires d’Uber avaient jusqu’au 1er février pour se plier aux conditions de la LSE, à savoir avoir des bureaux, détenir un CFC et avancer 100000 francs en dépôt de gestion, sans quoi, elles risquent de ne plus avoir accès à la plateforme. Autre option, être employée par l’un des intermédiaires d’Uber, à savoir MITC ou Chaskis, avec un contrat de travail, des horaires planifiés et l’application de la convention collective de travail. 

Unia salue l’application du droit. «On ne peut pas reprocher au Tribunal fédéral de vouloir protéger les travailleurs», réagit Aymen Belhadj, secrétaire syndical à Unia Vaud, qui ajoute qu’on n’a pas le recul suffisant pour mesurer l’impact de cette décision. «Face aux exigences élevées de la LSE, les chauffeurs qui ont créé leur Sàrl vont soit quitter la profession, soit se salarier.»

A Genève, berceau de la lutte des chauffeurs Uber, le syndicat regrette qu’on leur fasse payer le coût d’une mise en conformité qui aurait dû être assumée par Uber depuis longtemps. «Présenter la situation comme un libre choix est très trompeur, estime Balmain Badel, responsable du tertiaire à Unia Genève. Ce n’est pas un vrai choix, mais une contrainte économique. Quand une plateforme contrôle l’accès à la clientèle, l’application, les conditions d’exercice du travail et peut déconnecter des chauffeurs, elle ne peut pas continuer à externaliser les risques, les coûts et les responsabilités.» Le syndicaliste ajoute que la CCT est un minimum et que des améliorations sont nécessaires, sans quoi, on remplace simplement une précarité par une autre. «Uber ne peut pas garder le contrôle sur le travail sans en assumer les responsabilités sociales. Il faut refuser ce piège.» 

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