Une vidéo de Virginie Zimmerli.
Pour une industrie genevoise forte
A Genève, le secteur secondaire représente environ 27 000 emplois et près de 12% du PIB cantonal. Syndicat, patronat et Etat reconnaissent l'importance d'unir ses forces pour le préserver.
Unia et les représentants patronaux ont présenté leur Conseil de l’industrie genevoise, une instance paritaire inédite en Suisse qui veillera à protéger les emplois et à renforcer le secteur.
C’est une première en Suisse. Le 28 avril, les principales organisations patronales de l'industrie genevoise et le syndicat Unia ont officiellement présenté leur Stratégie industrielle 2032, portée par le tout nouveau Conseil de l'industrie genevoise (CIG). Cette instance paritaire inédite, fruit de plusieurs mois de travail acharné, a pour objectifs d’anticiper les mutations économiques, protéger les emplois industriels et renforcer durablement la compétitivité du secteur au bout du lac.
L'industrie représente aujourd'hui un pilier essentiel de l'économie genevoise, avec plus de 27 000 emplois et près de 12 % du PIB cantonal. Mais entre tensions géopolitiques, hausse des droits de douane, franc fort, pénurie de main-d'œuvre qualifiée et transitions énergétique et numérique, le secteur fait face à des défis majeurs. «Jusqu’ici il n’y avait pas de vraie structure pour défendre les intérêts du secteur de manière dynamique, souligne Livio Elia, président de l’association patronale Union industrielle genevoise. Ce n’est pas une déclaration d’intention mais un véritable plan d’action.»
Une gouvernance inédite
Constitué en décembre 2025, le CIG réunit, sur une base paritaire, les représentants des employeurs et des salariés. Une structure unique à Genève, dont les décisions devront être prises à l'unanimité, garantissant ainsi un large consensus. L'État, les hautes écoles et plusieurs acteurs économiques seront également associés aux travaux. Ainsi, le CIG entend devenir l'organe de référence du dialogue social dans l'industrie genevoise.
La stratégie s'articule autour de trois axes majeurs. D’abord, la cartographie du tissu industriel genevois pour mieux cerner les enjeux. Ensuite, le maintien des savoir-faire et des emplois face aux chocs économiques et enfin, la valorisation de l’industrie afin d’attirer de nouveaux investissements et renforcer son attractivité.
Concrètement, parmi les premières actions annoncées figure la création d'une cellule de crise paritaire, activable immédiatement en cas de licenciements collectifs. «Cette structure disposera d'une boîte à outils mobilisant aides publiques, reconversion professionnelle ou chômage partiel», détaille Yves Defferrard, secrétaire régional d’Unia Genève.
Autre chantier prioritaire: l'élaboration d'une cartographie détaillée du tissu industriel genevois, afin d'identifier les compétences stratégiques, les dépendances critiques et les secteurs à fort potentiel.
Etat partenaire
Le CIG insiste: il ne s'agit pas d'une politique industrielle dirigiste, mais d'une stratégie volontaire, élaborée par les partenaires sociaux eux-mêmes, qui converge avec la Stratégie économique cantonale Genève 2035. D’où le soutien de l’État, et notamment du Département de l’Economie, de l’Emploi et de l’Énergie. «Plus qu’une association, il s’agit d’un acte de confiance entre les partenaires sociaux et envers les institutions, avec la volonté de travailler ensemble pour atteindre les mêmes objectifs », a salué la conseillère d’Etat Delphine Bachmann, qui espère que ce projet fera des petits dans d’autres cantons.
À travers cette initiative, Genève entend préserver sa base industrielle tout en lui donnant les moyens de relever les défis des prochaines décennies. Une ambition résumée par le slogan du CIG: «En structurant le dialogue aujourd'hui, nous protégeons les emplois de demain.»