Le 27 février dernier, Greenpeace a remis à la Chancellerie fédérale une pétition munie de plus de 23 000 signatures, rapporte l’organisation dans un communiqué. Le texte demande aux parlementaires de rejeter la contre-proposition indirecte du Conseil fédéral à l’initiative pronucléaire. Le projet des élus fédéraux entend autoriser la construction de nouvelles centrales dans nos frontières. Un sujet qui sera débattu au Conseil des Etats le 11 mars prochain. Hasard du calendrier, la date marque le 15e anniversaire de la catastrophe de Fukushima. L’ONG écologiste invite les Chambres à maintenir la stratégie énergétique 2050 et la Loi sur l’électricité, qui ont été adoptées par référendum, et à orienter l’approvisionnement énergétique vers les options renouvelables. Elle rappelle dans la foulée la récente volonté du Conseil fédéral de mettre en œuvre le décret visant à accélérer la construction de grandes éoliennes, centrales solaires et hydroélectriques. «La contre-proposition indirecte visant à lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires est en totale contradiction avec cette décision et n’a aucun sens», a déclaré Lukas Bühler, expert en énergie chez Greenpeace Suisse.
Rappelons que la Suisse s’était engagée, au lendemain de la catastrophe nucléaire de Fukushima, à abandonner progressivement l’énergie atomique en renonçant à construire de nouvelles centrales. L’idée était de sortir du nucléaire d’ici à 2050. Dans cet esprit, il avait été décidé de ne pas relancer les réacteurs existants en fin de de vie. La population avait entériné dans les urnes, en mai 2017, cette sortie échelonnée du nucléaire. Deux ans plus tard, le site de Mühleberg fermait définitivement ses portes. Le retour des technologies de l’atome fait aujourd’hui son chemin, le gouvernement arguant de la sécurité de l’approvisionnement en énergie sur le long terme.
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