Début mai, le Grand Conseil valaisan a rejeté massivement l’initiative cantonale pour un salaire minimum, par 93 voix contre 33. Déposé en 2022 avec plus de 5000 signatures, le texte porté par la gauche et les syndicats, Unia en tête, demande un salaire horaire minimum de 22 francs brut, avec des exceptions jusqu’à 18 francs pour l’agriculture.
L’initiative n’a été soutenue que par les Socialistes, les Verts et Neo, dissidence du Centre haut-valaisan. Ses partisans dénoncent un débat idéologique et rappellent que de nombreux salariés valaisans ne parviennent pas à vivre dignement avec leur salaire, notamment dans les secteurs peu couverts par les conventions collectives de travail. Les opposants, issus de la droite et du centre, exposent des arguments déjà entendus dans les cantons où le débat a eu lieu, à savoir la remise en cause du partenariat social et des mécanismes conventionnels existants, et la peur d’un nivellement vers le bas. Aucun contre-projet ne sera soumis et la population devra se prononcer à une date encore inconnue.
Cet objet s’inscrit dans une actualité plus large, à savoir la votation du 14 juin prochain sur un salaire minimum à 23 francs dans le canton de Vaud, alors que Genève, le Jura, le Tessin, Bâle-Ville et Neuchâtel ont déjà franchi le cap. Ceux-ci sont toutefois menacés par la motion Ettlin, qui veut faire primer les CCT sur les législations cantonales en matière de salaire minimum.