Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Le personnel de XPO Logistics en grève

Grève du personnel de XPO Logistics à Satigny.
© Olivier Vogelsang

Faute d’avoir obtenu l’ouverture d’un dialogue avec la direction sur le licenciement collectif qui les frappe, les travailleurs de l’entreprise de transports se sont mis en grève lundi dernier à Satigny

Lundi, la quasi-totalité du personnel genevois de XPO Logistics s’est mis en grève, avec le soutien d’Unia, à partir de 6 heures du matin devant les locaux de l’entreprise à Satigny. La multinationale américaine, qui a procédé au licenciement collectif de tous les employés et prononcé la fermeture du site, refuse le dialogue social et s’oppose à la négociation d’un plan social. «On se sent totalement abandonnés par notre employeur», réagit Clevince, délégué du personnel. «On est à bout de souffle. On a épuisé toutes les options traditionnelles pour tenter d’établir un dialogue, en vain. Maintenant, on est déterminés à se mobiliser et à aller jusqu’au bout de cette grève, parce que ce qui nous arrive est injuste.»

Pour bref rappel, XPO Logistics s’est installé au bout du lac en 2017 et s’est vu confier par Pouly la livraison de ses produits, notamment, dans sa trentaine de filiales en Suisse romande. A l’époque, l’entreprise expose une stratégie d’expansion mais il n’en est rien. D’une soixantaine de travailleurs, elle passe petit à petit à 31 employés, qui quitteront finalement tous les lieux entre fin juin et fin août après que Pouly a annoncé sa décision de mettre un terme au contrat avec XPO. De son côté, Pouly s’est engagé à internaliser à nouveau le service de logistique, mais cette intention n’est pour l’instant qu’une promesse…

«A la suite de l’annonce du licenciement collectif, XPO a refusé de prolonger le délai de consultation, refusé de nous fournir les informations de l’entreprise et refusé de reconnaître le syndicat», s’indigne Umberto Bandiera d’Unia. «Et ensuite ils nous ont dit qu’ils n’avaient pas le budget pour un plan social alors que le CEO a récemment demandé qu’on lui verse un bonus de 25 millions de dollars.» La Chambre des relations collectives de travail a de nouveau été sollicitée et le dossier transmis à l’Office cantonal de l’emploi.

Le personnel et Unia espèrent que cette grève permettra de faire revenir XPO sur ses positions et qu’elle négocie enfin un plan de départ digne pour les travailleurs qui ont parfois plus de 20 ans de boîte. «Il s’agit aussi de dénoncer ces entreprises qui ont bénéficié pendant des mois des aides fédérales, à savoir des RHT, et qui licencient derrière», dénonce le syndicaliste.

A l’heure où nous mettions sous presse, le 29 juin, la grève était reconduite, employés et syndicat étant déterminés à continuer le combat. Nous reviendrons plus en détails sur cette lutte dans notre prochaine édition.

Pour aller plus loin

Un concert de klaxons contre Uber

Une septantaine de taxis gris sur la place de la Riponne à Lausanne

Les chauffeurs de taxi avec Unia ont manifesté leur colère à Lausanne à la suite de la décision du Service intercommunal des taxis de reconnaître Uber comme centrale d’appels

Inquiétudes sur les routes suisses

Syndicats et organisations patronales exigent le maintien de l’interdiction du cabotage, que l’Union européenne souhaite assouplir davantage. L’alliance syndicale Fairlog propose aussi la mise en place d’une CCT de force obligatoire

Uber hors de contrôle

photo d'un taxi avec affichette contre Uber

Unia juge irresponsable la reconnaissance d’Uber comme centrale d’appels dans la région lausannoise

Nettoyage: la nouvelle CCT romande obtient l’extension

sauts et produits de nettoyage sur un chariot

L’accord, courant jusqu’en 2021, prévoit une hausse des salaires, abolit la différence entre employés à temps plein et à temps partiel, et encourage à la formation professionnelle