C’est quoi, le G7?
G7 signifie «Groupe des 7». Il est composé des Etats-Unis, du Japon, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la France, de l’Italie et du Canada. Chaque année, les chefs d'Etat ou de gouvernement de ces pays se réunissent lors d’un sommet comme celui qui aura lieu à Evian, du 15 au 17 juin. Le G7 a été créé en 1975, pour faire face à la crise pétrolière. A l’époque, ces sept pays étaient, sur le plan économique, les plus puissants de la planète. En 1998, on y a intégré la Russie et c’est devenu le G8. Mais elle en a été exclue en 2014, après avoir annexé la Crimée, jusque-là rattachée à l’Ukraine. La Chine, qui est aujourd’hui la deuxième économie mondiale, et l’Inde, qui est la sixième, ne font toutefois pas partie du G7. En effet, celui-ci, qui n’est pas une institution internationale officielle mais un groupe informel, applique parfois des critères plus géopolitiques qu’économiques.
Pourquoi sa tenue à Evian, en France, inquiète Genève?
Les autorités et les milieux économiques genevois craignent que les nombreux opposants au G7 ne se rassemblent à Genève, puisqu’ils ne pourront pas se rendre à Evian, dont l’accès sera très restreint et hypersécurisé. Or, en 2003, les manifestations massives contre le G8, qui s’était déjà tenu à Evian, avaient donné lieu à d’importants débordements au bout du lac. De nombreux commerces du centre-ville de Genève avaient été incendiés et saccagés, et les échauffourées entre les militants les plus radicaux et les forces de l’ordre s’étaient multipliées. C’est pourquoi le Conseil d’Etat genevois hésite à autoriser la grande manifestation que la coalition No G7 prévoit d’organiser le 14 juin sur sol suisse.
Pourquoi le G7 suscite-t-il une telle opposition?
Pour beaucoup, le G7, sorte de club exclusif des dirigeants les plus puissants du globe, symbolise tous les excès du capitalisme, de la destruction de la planète à l’exploitation des peuples en passant par les inégalités sociales et la guerre. La venue notamment de Donald Trump – dont la dérive fasciste et guerrière crispe de plus en plus de monde – ainsi que les conflits à Gaza, au Liban et en Iran mobilisent un large spectre de militants de toutes origines et de tous horizons: anticapitalistes, écologistes, antifascistes, féministes, pro-palestiniens et altermondialistes.