«La dignité des travailleurs passe avant les délais!»

Chantier avant nettoyage et réaménagement.
© Unia

Intervention d’Unia payante. Depuis des espaces ont été aménagés en réfectoire et vestiaires pour les travailleurs.

Unia a épinglé une situation déplorable sur le chantier du Bristol à Genève. Grâce à son intervention, les lieux ont été rapidement nettoyés et réaménagés

Conditions indignes sur le chantier du Bristol, hôtel de luxe genevois! Le 14 avril, Unia Genève dénonçait un nouveau cas de non-respect des règles en matière d’hygiène et de sécurité pour les travailleurs. Ce chantier n’est pas n’importe lequel. C’est celui de la rénovation partielle d’un quatre-étoiles genevois, situé à deux pas du lac. Des ouvriers de cinq entreprises, du gros œuvre, du second œuvre et de la métallurgie du bâtiment, y sont actifs. Selon Unia, des travailleurs rénovant ce palace étaient «contraints de manger par terre, leur plat sur les genoux, dans un local sale et pas désinfecté qui sert aussi de vestiaire et de lieu de stockage du matériel». Dans cet endroit poussiéreux, une chambre en transformation selon les images du syndicat, un four à micro-ondes était posé à même le sol, entre outils et matériel divers.

En visite sur les lieux dans le cadre de la campagne pour des chantiers dignes, Unia a immédiatement appelé la direction des travaux, un bureau d’architectes et de gestionnaires de projets, à mettre en place les mesures exigées tant par la situation sanitaire que par le règlement genevois des chantiers qui prévoit des locaux séparés pour l’entreposage du matériel, le vestiaire et le lieu permettant aux ouvriers de prendre leur pause et les repas. Le nettoyage régulier et la désinfection des lieux font aussi partie des obligations des employeurs. Un ultimatum de 24 heures a été fixé par les syndicalistes à la direction des travaux pour la mise en conformité du chantier. Cette dernière a rapidement honoré la promesse faite lors du passage d’Unia. «Il y a eu un changement radical! C’est le jour et la nuit. Les locaux ont été nettoyés et des chambres aménagées pour les vestiaires et le matériel. Une pièce a été transformée en réfectoire pour tous les travailleurs», s’est réjoui le lendemain José Sebastiao, secrétaire syndical d’Unia, ajoutant que, sans l’intervention du syndicat, il n’y aurait probablement pas eu d’améliorations sur ce chantier, débuté en février déjà.

Le syndicaliste souligne l’importance de la campagne menée par Unia pour des chantiers dignes: «Elle tombe au bon moment. Non pas parce qu’il y a davantage de chantiers ne respectant pas les règles, mais parce qu’elle met en évidence que la santé et la sécurité des travailleurs sont une nécessité. Cette campagne nous permet d’être beaucoup plus attentifs à ce thème. La dignité des travailleurs passe avant les délais!»