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Dans la rue, pour la justice climatique

Bien que passant encore trop souvent au second plan, les questions climatiques, et notamment la baisse du temps de travail, trouvent davantage leur place dans les comités d’entreprises et les revendications. Photo: manifestation de la Grève pour l’avenir à Lausanne, avril 2022.
© Olivier Vogelsang / Archives

Bien que passant encore trop souvent au second plan, les questions climatiques, et notamment la baisse du temps de travail, trouvent davantage leur place dans les comités d’entreprises et les revendications. Photo: manifestation de la Grève pour l’avenir à Lausanne, avril 2022.

Samedi 23 mars, le collectif neuchâtelois de la Grève pour l’avenir appelle à manifester à La Chaux-de-Fonds pour la planète et la transition

La mobilisation de la Grève pour l’avenir, prévue les 22 et 23 mars, ne sera pas nationale. La grande majorité des différents collectifs qui avaient lancé la convergence des luttes dès 2020 ont jeté l’éponge par manque de force. «La démotivation des collectifs vient de la lenteur des changements. Les promesses non tenues par les politiques ont engendré une démobilisation», analyse Robin Augsburger, militant de la Grève du climat et du syndicat Unia. 

Mais le combat n’est pas terminé. Dans le canton de Neuchâtel, le mouvement est bien vivant. Il appelle à manifester demain, à La Chaux-de-Fonds, pour mettre une nouvelle fois en lumière l’urgence et les liens entre crise climatique et conditions de travail. Syndicats, Grève du climat, partis de gauche prendront la parole. Parmi eux, Virginie Mouche, vice-présidente de la région Unia Neuchâtel, rappellera, au nom du comité industrie, que la santé de notre planète et des travailleurs est une seule et même lutte. «Les employés, les syndicats, les employeurs et l’Etat doivent œuvrer pour favoriser une transition vers des activités plus durables et respectueuses de l'environnement. L’industrie des machines ou de l’horlogerie utilise encore trop fréquemment des produits polluants. Les employés doivent faire remonter les problématiques. Et l’Etat, imposer des règles plus strictes. Des fonds pour la formation et la reconversion sont nécessaires, tout comme un dialogue social fort entre toutes les parties.»

Le pouvoir aux travailleurs

«La question de la démocratisation des entreprises est également essentielle, déclare Robin Augsburger. Permettre aux travailleuses et aux travailleurs de décider quoi produire et comment est indispensable pour une transition juste.» Critique vis-à-vis du manque d’offensive des syndicats sur la question climatique, il souligne toutefois la réceptivité de ces derniers et le travail de fond au niveau des conventions collectives de travail. «L’Union syndicale suisse, lors de son dernier congrès, a pris position. Unia a aussi milité pour davantage de fonds pour la transition dans le secteur du second-œuvre. Il y a cinq ans, on ne parlait de climat qu’en fonction des intempéries dans le gros œuvre. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus large.» 

Solenn Ochsner, secrétaire syndicale d’Unia Neuchâtel, confirme que les bouleversements climatiques sont pris en compte dans les différents comités et lors des revendications par branches et par secteurs. «La baisse du temps de travail et la démocratisation sur les lieux de travail vont dans ce sens. Reste que la question climatique passe encore souvent au second plan», déplore-t-elle. Le futur de la Grève pour l’avenir? «Je rêve toujours d’une grève générale telle que nous l’imaginions en 2020, souligne Robin Augsburger. En étant plus réaliste, j’espère que la question écologique devienne vraiment une priorité dans les syndicats et sur les lieux de travail.»

Manifestation pour la justice climatique et sociale, samedi 23 mars à partir de 12h (soupe offerte), devant la place de la Gare de La Chaux-de-Fonds. Départ du cortège à 13h30.

Une ordonnance dangereuse pour les travailleurs

Il y a un an, la droite du Parlement a profité de la situation du risque de pénurie d'énergie pour permettre, en cas d’urgence, le travail de nuit et du dimanche. Malgré le combat syndical contre cette ordonnance, elle entrera en vigueur le 1er avril prochain. Et ce n’est pas un poisson d’avril!

«Les partis bourgeois et les employeurs ne manquent pas une occasion de déréglementer la Loi sur le travail et de détériorer les conditions des travailleurs et des travailleuses!», s’insurge Unia Neuchâtel qui a tracté, cette semaine, dans plusieurs entreprises sur les risques inhérents à cette ordonnance. Le syndicat invite les employés à la vigilance car, comme pour toute modification des horaires, ceux-ci doivent être consultés comme le prévoit l’article 48 de la Loi sur le travail. 

Solenn Ochsner, responsable industrie d’Unia Neuchâtel souligne: «Unia et l’Union syndicale suisse, malgré leur travail contre cette ordonnance, n’ont pas obtenu gain de cause. Dans les entreprises conventionnées, des pare-feux existent, car nous devons être prévenus en cas de changements d’horaires. Ailleurs, cette ordonnance est particulièrement problématique. Au lieu de reporter sur les travailleuses et les travailleurs les incertitudes liées à la dépendance aux énergies fossiles, la Suisse serait mieux inspirée de faire avancer résolument le tournant énergétique notamment en améliorant les conditions de travail dans les secteurs clés et en s’assurant que les mesures prises soient socialement justes et efficientes.»

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