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Campagne tambour battant

On les remarque rarement et pourtant elles participent intrinsèquement à la bonne marche de la collectivité et des institutions publiques. Ou contribuent au bien-être de particuliers. Elles, ce sont les petites mains qui se chargent de nettoyer linges, draps, habits de travail des hôpitaux, des homes ou de l’hôtellerie-restauration. Ce sont ces blanchisseuses – la profession compte une large majorité de femmes – qui prennent soin de la literie de patientes et de patients et des blouses du personnel médical, attentives à respecter une hygiène irréprochable pour éviter toute propagation de virus et de maladies. Ce sont ces invisibles qui assurent confort et qualité de l’accueil. Ce sont aussi ces travailleuses que l’on croise dans les pressings, prenant soin de nos textiles. Cette catégorie d’employées, souvent peu qualifiées et regroupant essentiellement des migrantes, évolue dans des environnements professionnels pénibles. Humidité, chaleur, gestes répétitifs, lourdes charges rythment le quotidien de cette population précaire qui ne connaît pas nécessairement ses droits. Avec les abus potentiels liés à cette situation, la tentation d’exploiter une certaine vulnérabilité. 


A la pénibilité de l’activité se greffent régulièrement des horaires interminables. Et une planification du temps de travail souvent remise à la dernière minute. Difficile dans ce contexte d’organiser la vie privée. Sans oublier les heures supplémentaires qui ne sont pas nécessairement payées comme telles et des effectifs fluctuants générant stress et fatigue. Un personnel lessivé qui ne trouvera pas davantage de consolation avec les salaires. Ceux-ci se révèlent tout sauf attractifs, se situant en dessous de la barre des 4000 francs. Un seuil pourtant déjà minimaliste. Autant de points qui doivent être améliorés pour des centaines de salariées actives dans ce secteur. Une mission que s’est donnée Unia. 


Aujourd’hui, le syndicat mène tambour battant une campagne de consultation auprès des blanchisseuses. Avec l’idée de dresser un cahier de leurs revendications prioritaires. Cette démarche a été entamée en vue du renouvellement de la Convention collective de travail romande de la branche. Les premières négociations sur l’accord – qui concerne quelque 1400 personnes – débuteront cet automne. S’il reste beaucoup à faire, quelques avancées ont déjà été obtenues grâce à la mobilisation de travailleuses.


Dans ce registre, Unia doit aussi se montrer vigilant. Et veiller au respect de la liberté syndicale et du partenariat social. Un droit qui ne va pas de soi dans l’ensemble des entreprises du secteur. En témoignent les récents agissements d’un 5àSec à Genève qui a viré une de ses collaboratrices. Sa faute? Avoir dénoncé des dysfonctionnements et abus dans l’espoir d’ouvrir un dialogue constructif. Pas au goût de la direction parisienne propriétaire de plusieurs autres filiales. Celle-ci a menacé de représailles les employées solidaires de leur collègue et critiques des conditions de travail. Mais si elle croyait laver son linge sale en famille, elle s’est heurtée à la réaction virulente d’Unia. Qui appelle désormais toutes les travailleuses du domaine à se mobiliser pour la réintégration de leur camarade licenciée. Hors de question de donner un blanc-seing aux blanchisseries attendues dès l’automne à faire montre d’un peu plus de générosité et d’égard envers une population essentielle au bon fonctionnement de la société.

Regroupant majoritairement des migrantes, les blanchisseuses évoluent dans des environnements professionnels pénibles, entre humidité, chaleur, gestes répétitifs et lourdes charges