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«Un génocide en direct»

Amnesty International vient de publier son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde. Sans surprise, le constat est glaçant.

«L’humanité se trouve à un tournant de son histoire. Des forces d’une ampleur sans précédent veulent en finir avec l’idéal des droits humains…» Les premiers mots du nouveau rapport d’Amnesty International sont ceux de sa secrétaire générale, Agnès Callamard. Celle-ci résume la situation des droits humains dans le monde que l’ONG décortique sur 495 pages, en commençant par dénoncer la politique du président des Etats-Unis, mais aussi d’autres gouvernants qui ont assisté, sans bouger, à «un génocide en direct». Sans omettre «les crimes terribles» commis contre des citoyens israéliens par le Hamas, elle dénonce: «Les Etats ont regardé, comme s’ils étaient impuissants, Israël tuer des milliers de Palestiniennes et de Palestiniens, massacrant des familles entières sur plusieurs générations et détruisant des habitations, des moyens de subsistance, des hôpitaux et des établissements scolaires.»

Agnès Callamard rappelle aussi que les attaques russes ont généré davantage de victimes civiles en Ukraine en 2024 que l’année précédente; et que la guerre et la famine ont fait des milliers de morts au Soudan «dans l’indifférence quasi totale de la communauté internationale». «Celle-ci ne s’est d’ailleurs guère plus souciée de l’escalade de la violence qu’ont connue la République démocratique du Congo, le Burkina Faso, le Niger ou encore le Myanmar.» 

«Pratiques autoritaires»

Les recherches menées par Amnesty International mettent en lumière les violations du droit international humanitaire dans le contexte des conflits armés, la répression des militants, les discriminations, les injustices économiques et climatiques, l’utilisation abusive des technologies contre la liberté d’expression. «En dépit de quelques rares évolutions positives, nombre de ces tendances représentent des retours en arrière qui risquent de s’accentuer en 2025 et au-delà, étant donné que des Etats, en particulier les plus puissants, continuent de saper le système international fondé sur des règles et que les pratiques autoritaires se développent sur différents continents», décrit l’ONG, particulièrement préoccupée pour les femmes (notamment en Afghanistan et en Iran), les minorités sexuelles et les personnes migrantes.

Son rapport annuel détaille la situation de chaque pays et propose des mesures. L’ONG demande notamment aux Etats de réformer le Conseil de sécurité de l’ONU «afin que les membres permanents ne puissent pas utiliser leur droit de veto pour bloquer des mesures visant à faire cesser des atrocités criminelles ou à offrir réparation pour de tels actes»; de soutenir la Cour pénale internationale; d’adopter un traité contre le commerce des instruments de torture; d’abroger les lois et les pratiques violant les droits à la liberté d’expression et d’association; de mettre en place des politiques migratoires qui luttent contre les inégalités et l’exclusion; d’en finir avec la discrimination raciale et les violences fondées sur le genre; d’abandonner les combustibles fossiles; d’empêcher la fraude fiscale; d’encadrer les multinationales; d’interdire la surveillance illégale; de réglementer les technologies reposant sur l’intelligence artificielle et les activités des sociétés de réseaux sociaux. 

«L’année 2024 nous a tous et toutes déshumanisés», assène Agnès Callamard. Et d’ajouter: «Notre avenir n’est pas scellé, mais l’humanité se trouve à un moment charnière de son histoire.» 

 

Le rapport La situation des droits humains dans le monde, paru le 29 avril 2025: amnestyfr.cdn.prismic.io/amnestyfr/aA83DvIqRLdaBqIx_RapportAnnuelAI2024-2025.pdf

 

 

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