Salaires des femmes à augmenter!

«La femme est asservie à l’homme et elle le restera tant qu’elle ne sera pas indépendante économiquement.» A la veille du 8 mars, Journée internationale des femmes, cette phrase de Clara Zetkin datant de 1889 fait écho aux inégalités salariales et aux basses rémunérations que touchent toujours les femmes, plus de 130 ans après. Clara Zetkin est aussi à l’origine de cette journée du 8 mars commémorée partout sur la planète. Il y a 110 ans, en août 1910, cette militante socialiste et journaliste allemande a proposé la création d’une telle journée lors de la IIe Conférence internationale des femmes socialistes réunie à Copenhague. La rencontre, ayant rassemblé des femmes venues de 17 pays, a approuvé la proposition de Clara Zetkin qui, dans un premier temps, visait à obtenir le droit de vote féminin et à se distinguer des suffragettes bourgeoises. Les revendications d’égalité des droits et celle de vivre dignement de son travail se sont vite imposées par la suite, à travers des manifestations d’ampleur tenues à des dates diverses dans différents pays, dont la Suisse.

La date du 8 mars a été décidée plus tard, en hommage aux ouvrières des filatures de Saint-Pétersbourg en grève ce jour de 1917. Rejointes par des ménagères et les travailleurs des usines Poutilov, elles exigeaient du pain et la paix immédiate. Et la fin du régime tsariste dans une Russie ravagée par la guerre. Cette manifestation du 8 mars a été le prélude de la révolution de février, suivie de celle d’octobre. Une révolution ayant pris des mesures immédiates en faveur des droits des femmes: égalité hommes-femmes, mariage civil, reconnaissance des enfants illégitimes, divorce par consentement mutuel, droit de vote, congé maternité, égalité salariale et professionnelle, journée de 8 heures, etc.

Un siècle plus tard, dans nos pays dits occidentaux et ailleurs sur la planète, les droits des femmes sont toujours loin d’être acquis. Ils reculent même parfois. En Suisse aussi, ils sont à la peine. Pour revenir à l’écrit de Clara Zetkin, la nécessité d’une indépendance économique permettant aux femmes de conquérir une liberté encore trop rare est toujours d’actualité. Et ce ne sont pas les salaires de misère, qui n’ont pratiquement pas évolué ces 20 ou 30 dernières années, dans la vente, l’hôtellerie ou encore l’horlogerie, qui permettent aux petites mains de vivre dignement et de nourrir une famille.

Au-delà des inégalités salariales, illégales et énormes, ce sont les revenus de ces travailleuses qu’il faut rehausser. Et non les tirer vers le bas, comme le fait le gouvernement jurassien aujourd’hui en légitimant des salaires de moins de 3000 francs net dans le commerce de détail. Des rémunérations en-dessous du salaire minimum, ce dernier étant conçu comme une mesure sociale évitant la pauvreté et le phénomène des «working poor», en l’occurrence des travailleuses pauvres. Face à un tel scandale, et à la veille du 8 mars, le Conseil d’Etat jurassien ne peut que faire machine arrière!