Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Mon employeur ne me verse plus mon salaire

Lorsqu’un employeur rencontre de graves difficultés financières, les premières victimes sont souvent les travailleuses et travailleurs qui ne reçoivent plus leur salaire. Beaucoup pensent qu’il faut attendre la faillite de l’entreprise ou qu’il n’existe aucun recours. C’est faux. Le droit suisse prévoit une protection importante: l’indemnité en cas d’insolvabilité, versée par l’assurance-chômage sous certaines conditions.

Quelle est la première chose à faire ?
Tant que le contrat de travail est en cours, il est essentiel de réclamer immédiatement les salaires impayés. Un rappel écrit, de préférence envoyé par courrier recommandé, permet de démontrer que le travailleur a entrepris les démarches nécessaires. Attendre plusieurs mois sans réagir peut avoir des conséquences sur le droit aux prestations. Cette indemnité n’est pas destinée à remplacer le chômage. Elle couvre les créances salariales dues pour un travail effectivement accompli lorsque l’employeur est insolvable. Elle peut notamment être demandée lorsqu’une faillite est ouverte, lorsqu’une saisie est engagée pour les salaires ou encore dans certaines procédures concordataires. Les travailleurs frontaliers employés en Suisse peuvent également en bénéficier.

Que couvre l’indemnité en cas d’insolvabilité?
L’assurance peut prendre en charge jusqu’à quatre mois de salaire par rapport de travail. Sont également compris, lorsqu’ils sont dus, la part proportionnelle du 13e salaire, les indemnités de vacances ou de jours fériés ainsi que certains suppléments comme les heures supplémentaires ou le travail de nuit. En revanche, les allocations familiales, les frais professionnels ou encore les dommages-intérêts ne sont pas couverts par cette indemnité.

Le délai est probablement le point le plus important. Après l’événement qui ouvre le droit (par exemple la publication de la faillite), le travailleur dispose de 60 jours pour déposer sa demande auprès de la caisse publique de chômage compétente. Passé ce délai, le droit s’éteint définitivement. Parallèlement, il faut produire sa créance dans la procédure de faillite ou de poursuite auprès de l’office compétent. Les deux démarches sont complémentaires.

Quelles sont les obligations du travailleur ?
L’assurance exige que le salarié fasse tout ce qui est raisonnablement possible pour récupérer son salaire : rappels écrits, commandement de payer après la fin des rapports de travail et production de la créance dans la faillite. Une négligence grave peut entraîner la perte du droit à l’indemnité. Face à un employeur qui ne paie plus, il ne faut donc ni attendre ni démissionner dans la précipitation. Réagir rapidement permet souvent de préserver des droits qui représentent plusieurs mois de salaire et d’éviter qu’une difficulté financière de l’entreprise ne mette en péril les moyens d’existence du travailleur.

Mirlinda Ramadani-Biba, juriste à Unia Vaud

Une question sur vos droits en matière de travail ou d'assurances sociales? N'hésitez pas à nous écrire à redaction [at] evenement.ch (redaction[at]evenement[dot]ch).

Pour aller plus loin

Une convention historique pour l’économie des plateformes

A l’occasion de la Conférence Internationale du travail qui s’est tenue à Genève, l’OIT a adopté à une large majorité le 12 juin 2026 la première convention internationale...

C’est vous qui choisissez votre patron!

Concepteur de l'application

Licorn est un nouvel outil numérique 100% suisse qui permet de connecter recruteurs et chercheurs d’emploi, sur la base d’un processus inversé. Une révolution dans le domaine du recrutement.

Focus sur les notions clés du monde du travail

coupe de champagne

Une série documentaire décortique les grands concepts de l’économie sur la base d’entretiens avec une vingtaine de chercheurs. Une enquête pour mieux comprendre notre société.

Les patrons sont-ils des monstres?

Richement documenté, l’ouvrage de Vincent Beaufils nous dit que les patrons peuvent être mégalos, autocrates et intrigants, mais aussi très … performants.