Unia détaille ses revendications selon les secteurs
Lors de la conférence de presse de l’USS, la présidente d’Unia, Vania Alleva, a souligné la force de l’industrie suisse malgré l’instabilité de la situation géopolitique et des politiques protectionnistes de certains États. «Les perspectives pour l’industrie d’exportation se sont améliorées en 2026 et en 2027. Bien que l’industrie des machines pâtisse encore de la vigueur du franc suisse, la transition vers les nouvelles technologies commence à porter ses fruits pour les entreprises. Dans la branche chimique et pharmaceutique, les marges ont continué de progresser, mais les augmentations salariales de l’année dernière, accordées pour la plupart à titre individuel, sont restées en deçà des attentes», précise la présidente. Elle relève une reprise des commandes dans l’industrie horlogère, après une période difficile marquée par la réduction de l’horaire de travail. La productivité, elle, a continué de progresser dans l’ensemble des branches (à l’exception de l’électronique). «Les associations patronales de l’industrie s’inquiètent à nouveau de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, tout en refusant de revaloriser les salaires, ce qui nuit à l’attrait du secteur», déplore Vania Alleva. Les revendications d’Unia s’adressent donc à toutes les branches industrielles: une augmentation de 2,5% des salaires, la compensation intégrale du renchérissement, l’indemnisation de la productivité, ainsi qu’un rattrapage des salaires, qui ont stagné ces dix dernières années.
Dans le commerce de détail, où les salaires sont bas, une augmentation de salaire réel est nécessaire pour faire face au coût de la vie. «Concrètement, Unia demande, dans le cadre des négociations salariales avec Coop, une augmentation de 100 francs sur les salaires effectifs de tous les employé-e-s, ainsi qu’une hausse correspondante des salaires minimums et de référence», explique Vania Alleva.
Dans l’hôtellerie-restauration, une nouvelle convention collective nationale (CCNT) est en cours de négociation. L’objectif est notamment d’augmenter les salaires minimums et d’introduire des primes d’ancienneté.
Construction en plein essor
«Le second œuvre de la construction est en plein boom: au premier trimestre 2026, il comptait près de 240 000 emplois à plein temps, soit environ 2600 de plus qu’un an auparavant et plus de 15 000 de plus qu’en 2021. Les carnets de commandes sont solides et les perspectives prometteuses», ajoute Vania Alleva. La construction de logements et les travaux de rénovation globale et énergétique battent leur plein. Les entreprises disposent donc d’une marge de manœuvre pour augmenter les salaires, d’autant plus qu’elles font elles aussi face à une pénurie de personnel. Pour les branches du second œuvre, ainsi que pour les salariés de l’horticulture et du paysagisme le syndicat réclame donc une augmentation générale de 2,5% sur les salaires réels et les salaires minimums, avec des variations possibles selon les branches. Dans le secteur principal de la construction, Unia a obtenu un mécanisme de compensation du renchérissement pour les salaires effectifs et les salaires minimums. «Parallèlement, un nouvel accord sur le remboursement des frais a été trouvé, qui se traduit par une augmentation du pouvoir d’achat d’environ 0,7%, précise Vania Alleva. Compte tenu de l’excellente conjoncture dans la construction, Unia exhorte les employeurs de ce secteur à accorder des revalorisations salariales réelles au-delà de ce seuil.»