Les soignants lancent un appel urgent!
A bout de souffle, les soignants exigent l'amélioration concrète des conditions de travail afin de réduire la charge de travail du personnel et donc éviter son exode.
La Commission du Conseil national ignore les revendications portées par l’initiative sur les soins infirmiers, dénoncent les soignants et leurs syndicats, qui réclament sa mise en œuvre immédiate.
Cinq ans après avoir été plébiscitée dans les urnes, l’initiative sur les soins infirmiers accumule les obstacles à sa mise en œuvre. Déjà jugée insuffisante par les soignantes et soignants et leurs représentants, ces derniers estiment que la loi fédérale sur les conditions de travail dans les soins (LCTSI) proposée par le Conseil fédéral a de nouveau été vidée de sa substance par la Commission de la Sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national, ce 13 février.
«Les parlementaires de la commission compétente du Conseil national ont décidé de passer outre la volonté du peuple et d'ignorer de facto les principales revendications de l'initiative sur les soins infirmiers, dénonce l’Alliance du personnel de santé, dont Unia fait partie, dans un communiqué de presse. La commission renonce par exemple à réduire la durée maximale du travail de 50 à 45 heures, comme c'est le cas pour les professions de bureau. Elle a pratiquement revu à la baisse toutes les augmentations des indemnités, a refusé au Conseil fédéral la compétence d'adopter sans complication d'autres améliorations si nécessaire et n'a prévu aucune mesure pour une dotation en personnel adaptée aux besoins, élément central de l'initiative populaire.»
Enième appel
Afin que l'initiative sur les soins infirmiers soit enfin mise en œuvre, l’Alliance du personnel de santé, composée de syndicats et d’associations professionnelles du secteur, a lancé un appel* qui peut être signé par l'ensemble de la population pour demander aux parlementaires de modifier en profondeur la LCTSI et de respecter ainsi le mandat populaire de 2021.
Il y a urgence, rappellent les soignants, qui prient les conseillers nationaux de corriger la proposition actuelle «afin que la loi ne se réduise pas à une politique symbolique». L'exode dans le secteur de la santé se poursuit avec environ un tiers des professionnels du domaine qui quittent le métier. La santé du personnel, à bout, et la qualité des soins prodigués à la population sont menacées. «Le personnel de santé donne chaque jour le meilleur de lui-même, mais il le fait dans des conditions de stress psychologique et physique extrêmement élevées. Nous sommes toutes et tous concernés, nous aurons toutes et tous besoin un jour de soins ou d'assistance», souligne l’alliance.
Revendications
L’indignation est vive dans les soins, qui compte environ 800 000 employés, dont 87% de femmes. «La commission du Conseil national envoie un signal alarmant: les améliorations urgentes pour le personnel soignant et la garantie durable de soins de qualité n'ont absolument aucune importance à ses yeux», dénonce l’alliance, qui ajoute que les élus se moquent également de la démocratie directe.
Que contient cet appel? Dans un premier temps, les signataires demandent aux parlementaires responsables, indépendamment de leur parti, d'appliquer intégralement l'article 117b de la Constitution fédérale et, par conséquent, l'initiative sur les soins infirmiers et la volonté du peuple.
Ils exigent ensuite de modifier en profondeur la loi (LCTSI) afin qu’elle comprenne la réduction significative du temps de travail, le ratio de personnel permettant de prodiguer des soins de qualité, l’amélioration des suppléments pour le travail de nuit, du week-end et des jours fériés, et l’obligation pour tous les employeurs de respecter au minimum les lois cantonales et les conventions collectives de travail en vigueur. Enfin, l’appel réclame le financement solide de ces mesures pour le secteur de la santé. En somme, il y a encore du pain sur la planche...
*Signez l'appel ici