Les locataires en danger à Genève
L’ASLOCA Genève refuse que l'on supprime des garde-fous contre la spéculation immobilière.
Sous prétexte de faciliter l’accès à la propriété, une loi veut supprimer des protections contre les congés-ventes, dénonce l’ASLOCA. Les Genevois votent le 27 septembre.
Les Genevois sont appelés aux urnes le 27 septembre pour déterminer s’ils souhaitent sauvegarder certaines mesures de protection contre la spéculation immobilière. La gauche et l’Association des locataires (ASLOCA) ont lancé un référendum contre une loi acceptée par le Grand Conseil en décembre 2025. Celle-ci aurait pour but – selon les milieux libéraux – de permettre à un locataire souhaitant librement acheter son appartement de le faire. Pour y parvenir, plusieurs garde-fous seraient supprimés. Aujourd’hui, dans la plupart des ventes, l’administration doit effectuer un arbitrage entre les intérêts de l’acheteur et le maintien du parc locatif. Cette surveillance sauterait, tout comme l’obligation d’obtenir l’accord de 60% des autres locataires lors de la vente d’un appartement. Des outils qui protègent contre les congés-ventes, une pratique interdite à Genève depuis des dizaines d’années.
Pour Christian Dandrès, juriste à l’ASLOCA Genève, l’idée selon laquelle ce texte permettra aux locataires de devenir plus facilement propriétaires est un leurre. «Cette loi donnera la possibilité au propriétaire de résilier pour relouer à un tiers pistonné en vue de la vente. Les proches et amis du propriétaire pourront ainsi spéculer plus tard.» Et ce malgré le plafonnement du prix de vente et l’obligation pour l’acheteur de vivre cinq ans dans le logement. «Le nouveau propriétaire revendra après cinq ans ou relouera sans limite de prix ou de loyer, estime le conseiller national. Une explosion des loyers s’ensuivra.» De plus, selon Christian Dandrès, ce sont principalement les personnes âgées qui sont menacées par cette loi. «De nombreux appartements à loyers abordables disparaîtront, en particulier ceux ayant des baux plus anciens avec des loyers modestes.»