Les chauffeurs de taxi ont besoin de soutien

Unia lance l’alerte, le nombre de courses aurait diminué d’au moins 90%

Les chauffeurs de taxi vivent une situation extrêmement difficile. Depuis la mi-mars et les mesures de lutte prises par les autorités contre le Covid-19, les courses se sont effondrées. Unia, qui lance l’alerte, évoque le chiffre d’une diminution d’au moins 90%. Les quelque 10000 conducteurs de taxi suisses, pour la plupart indépendants, se retrouvent privés de revenu et même dans l’impossibilité de couvrir leurs charges. Parce que leur activité n’a pas été suspendue, ils n’ont pas le droit aux allocations pour perte de gain.

L’Union suisse des taxis, une fédération créée en 2015 par Unia et des associations de chauffeurs de six villes suisses, a saisi la semaine dernière le Conseil fédéral. Les conducteurs demandent que le gouvernement délivre une ordonnance interdisant les services de taxi, ce qui ouvrirait le droit aux allocations. D’autant plus que, comme le souligne le syndicat dans un communiqué, «il n’est pas possible de respecter les mesures de protection prescrites par l’Office fédéral de santé publique» dans les taxis. «La distance entre le chauffeur et le passager est d’environ 80 cm, il y a aussi des contacts lors du chargement et du déchargement des bagages et lors du paiement.» Selon Unia, «de nombreux cas de chauffeurs de taxi malades du coronavirus sont déjà connus». Afin d’assurer les courses absolument nécessaires, le syndicat propose que les cantons aient la possibilité de mettre en place un service de base en recrutant des conducteurs volontaires «avec des salaires suffisants pour vivre» et d’équiper leurs véhicules de façon optimale.

Les milliers de chauffeurs VTC employés par des plateformes comme Uber sont aussi dans une situation critique. Ils ne sont pas assurés contre la perte de gain et ne peuvent bénéficier du chômage partiel. Unia souhaite que ces travailleurs puissent avoir accès à des prestations de soutien et réclame que ces sociétés technologiques, «qui opèrent de façon illégale», soient contraintes d’assumer leurs obligations d’employeur.