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Le travail rend toujours plus malade

stress au travail
© Thierry Porchet

Les travailleurs ont été absents pour cause de santé 8,2 jours en 2025, contre 6,3 jours en 2010. Une hausse inquiétante selon les syndicats suisses.

Des chiffres inquiétants confirment l’urgence de renforcer la protection de la santé au travail, selon l’Union syndicale suisse.

En 2025, les salariés ont manqué le travail en moyenne 8,2 jours sur l’année en raison d’une maladie ou d’un accident, soit près d’un tiers de plus qu’il y a 15 ans. Ces chiffres sur les absences pour raisons de santé des salariés publiés le 21 mai par l’Office fédéral de la statistique (OFS) sont alarmants, estime l’Union syndicale suisse (USS), qui s’est fendue d’un communiqué de presse.

L’OFS montre que les absences sont particulièrement nombreuses dans les professions à bas salaires, où la charge physique ou organisationnelle est lourde. Mais pas seulement. «La hausse ne concerne plus uniquement les métiers les plus pénibles, soulignent les syndicats. Ces dernières années, les absences ont aussi fortement progressé chez les techniciens, dans les professions de bureau et dans l’artisanat. Presque toutes les branches sont touchées. Cette tendance révèle un problème structurel des conditions de travail, qui s’étend à des pans toujours plus larges du monde du travail.»

De même, l’évolution selon l’âge est significative. «Si les absences sont élevées depuis longtemps chez les salariés plus âgés, on observe une augmentation marquée également chez les 15–24 ans depuis la pandémie de Covid-19, explique l’USS. Les atteintes à la santé apparaissent ainsi de plus en plus tant en fin qu’en début de carrière.»

Trop de pression
Les problèmes de santé se multiplient dans le monde du travail, et par la force des choses, les absences. Les causes sont multiples, mais la faîtière syndicale insiste sur le fait que la Suisse est le pays de l’Union européenne où l’on travaille le plus. «Dans le même temps, l’intensification du travail et la pression à la flexibilité augmentent depuis des années. Flux de travail densifiés, sous-effectifs chroniques, forte pression des délais, horaires irréguliers, charges psychosociales et joignabilité permanente menacent toujours davantage la santé des salariés.»

Dans ce contexte, l’USS appelle les employeurs à assumer pleinement leurs responsabilités. «Ceux-ci doivent respecter strictement les temps de travail et de repos, garantir des plans de service fiables, assurer une planification du personnel suffisante et prendre des mesures efficaces contre la pression excessive des délais et de la performance.»

Les syndicats regrettent que de trop nombreux employeurs, plutôt que de s’attaquer aux causes des atteintes à la santé, répondent en alourdissant la pression administrative sur les employés, par exemple via des mécanismes de contrôle renforcés ou l’exigence d’un certificat médical dès le premier jour de maladie. «Ces mesures instaurent un climat de méfiance sans traiter les causes des problèmes de santé. Plus de pression administrative n’améliore pas la santé des travailleuses et travailleurs.»

Plus de contrôles
Pour l’USS, ces chiffres en hausse pointent clairement des lacunes dans la protection de la santé au travail. «Dans de nombreux secteurs, il manque des contrôles systématiques, des normes d’exécution claires et une coordination efficace entre les instances compétentes. Certaines entreprises ne sont contrôlées que tous les vingt ans», déplore-t-elle.

Dans ce contexte, les syndicats suisses exigent un net renforcement de l’exécution et de la prévention. «Les risques pour la santé au travail, en particulier les charges psychosociales et organisationnelles, doivent être recensés systématiquement et combattus de manière efficace.» En parallèle, ils exigent que cessent les attaques contre la protection des salariés, en particulier l’extension du travail du dimanche et l’allongement des journées de travail. 

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