Le Conseil d’Etat parle enfin aux syndicats
En fin d'année 2025, la fonction publique et parapublique s'est mobilisée comme jamais dans le canton de Vaud.
VAUD Soutenu par les syndicats SSP Vaud, Sud et FSF, le personnel des services publics et parapublics vaudois s’est réuni en assemblée générale le 10 février. Dans sa résolution, il salue le «timide signe d’ouverture» du Conseil d’Etat et parle d’un premier pas vers de possibles négociations à la suite de sa rencontre avec les délégations syndicales fin janvier. Les discussions à venir sur les dossiers de l’égalité, des lanceurs d’alerte, de la caisse de pension et des décharges dans l’enseignement constituent une avancée par rapport à la fermeture préalable du gouvernement. La baisse de 0,7% des salaires des fonctionnaires et la suppression des décharges de fin de carrière pour les enseignants avaient mis le feu aux poudres. Deux mesures sur lesquelles est revenu le Conseil d’Etat à la suite de cinq manifestations d’ampleur, réunissant plus de 20000 personnes à chaque fois, et jusqu’à treize jours de grève selon les secteurs, entre octobre et décembre.
Malgré tout, les points de dissension restent nombreux: les syndicats rejettent le délai de carence de six mois lors du renouvellement d’un poste. Même si les médecins, les infirmiers et les enseignants ne sont pas touchés, ils soulignent (dans leur communiqué du 29 janvier) qu’«aucun service de l’Etat n’échappe au flux tendu et ne peut supporter durablement des postes vacants sans impacts graves sur les conditions de travail et la qualité de prestation». En somme, «une fausse économie de 24 millions» de francs, car les postes laissés vacants entraîneraient notamment «des surcoûts importants liés à la surcharge de travail», «tout en dégradant les prestations au public». Une mesure d’autant plus critiquable sachant que le versement de 250 millions de francs par la BNS en 2026 implique une augmentation des recettes de 180 millions par rapport au budget voté de justesse avant Noël.
Dans sa résolution, le personnel critique également la position du Conseil d’Etat quant à l’illicéité de la grève, qui représente «une grave atteinte à ce droit fondamental». Il avertit déjà qu'il sera extrêmement attentif à la teneur du plan pluriannuel budgétaire (2027-2030) présenté bientôt par le gouvernement. Et souligne se tenir prêt à la mobilisation si nécessaire.