La jeunesse s’unit contre l’initiative du chaos
Contre le repli sur soi, les jeunes appellent à l'ouverture, à la connexion avec l'international et au respect des droits humains.
Rassemblés en grande alliance, les jeunes suisses expliquent pourquoi il est fondamental de dire «non» le 14 juin prochain.
L’initiative de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions!» met l’avenir des jeunes générations en danger. Voilà ce que conclut une large alliance d’organisations et de partis de jeunesse, qui ont décidé de faire front commun contre cet objet qui sera soumis au peuple le 14 juin. Dans cette alliance, on retrouve la Commission jeunesse de l’Union syndicale suisse (USS), la Jeunesse socialiste suisse, les Jeunes Vert’libéraux, les Jeunes du Centre, les Jeunes Vert·e·x·s, les Jeunes PEV, le Conseil suisse des activités de jeunesse (CSAJ) et l’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES). A travers leur mobilisation, ces derniers veulent montrer leur engagement pour l’ouverture, les échanges internationaux et la diversité, qui sont pour eux la clé d’un avenir porteur d’opportunités. «Une Suisse qui se replie sur elle-même compromet son développement», assurent-ils, répétant que l’initiative de l’UDC n’apporte aucune réponse aux problèmes actuels. Au contraire, elle en crée de nouveaux. De leur côté, ils défendent une Suisse ouverte, connectée, et respectueuse des droits fondamentaux.
Menaces réelles
Selon ces organisations, l’initiative ne répond à aucun des défis actuels du pays et risque au contraire d’aggraver les tensions sociales. «Nous refusons une initiative qui exclut et divise, s’indigne Félicia Fasel, présidente de la Commission jeunesse de l’USS. Elle met en danger notre avenir, réduit nos opportunités, affaiblit la protection de nos salaires et remet en cause des droits fondamentaux que nous pensions acquis.»
Les opposants dénoncent également une volonté de repli qui pourrait fragiliser les accords bilatéraux. Pour Lévi Gerber, président des Jeunes PEV Romandie, cette initiative «met imprudemment en péril des accords qui ont fait leurs preuves, comme la libre circulation des personnes, tout en sapant la cohabitation harmonieuse en exigeant de facto un repli sur soi de la Suisse.». Il estime que voter «non» revient à défendre «une Suisse où la cohabitation respectueuse et la cohésion sociale vont de soi».
Plus jamais ça
L’alliance rappelle aussi les conséquences historiques des politiques migratoires restrictives. Avant l’introduction de la libre circulation, le statut de saisonnier imposait à de nombreux travailleurs étrangers des conditions précaires et empêchait souvent leurs familles de vivre avec eux en Suisse. Certains enfants étaient même cachés aux autorités et privés d’école. «L'UDC voudrait revenir au système des saisonniers, dénonce Niklas Tiemann, responsable politique du CSAJ. Celui-ci violait clairement les principes des droits de l'enfant et affaiblissait les conditions de vie et de travail des jeunes. Ces derniers ne méritent pas ce retour en arrière: le droit à vivre avec sa famille, ou celui de travailler dans des conditions bonnes ne doivent pas être bradés.»
Les organisations de jeunesse estiment que les nouvelles générations ne doivent pas revivre de telles situations. Elles défendent au contraire un modèle fondé sur la mobilité, les échanges internationaux et l’égalité des chances. Sophie Wang, coprésidente de l’UNES, met notamment en garde contre les conséquences pour la formation et la recherche. «Sans ses acteurs internationaux et sans réadhésion à Erasmus+, le système de formation suisse, de l’école obligatoire au post-secondaire, fonce droit dans le mur. Préservons notre capacité d’innovation et les précieux échanges culturels en refusant cette initiative destructrice.»
Raciste et antisociale
Les Jeunes Vert’libéraux dénoncent quant à eux une énième initiative anti-immigration qui ne fait qu’opposer la population, à l’heure où la Suisse manque cruellement de main d'œuvre qualifiée.
«Cette initiative raciste est tout sauf durable, ajoute Sheldon Masseraz, Coprésident Jeunes Vert·e·x·s Suisse. En réalité, elle détruit notre cohésion nationale, nos relations avec les pays voisins et l'avenir de notre jeunesse. Une Suisse durable est une Suisse qui mise sur le bien-être de toute sa population et lui permet de s'épanouir pleinement, tout en respectant l'environnement grâce à une politique économique désintéressée des objectifs de croissance.»
Le projet udciste est par ailleurs jugé d’antisocial par la Jeunesse socialiste suisse, qui pointe une pression accrue sur les travailleurs immigrés avec des conséquences sur l’ensemble des salariés, sans épargner les jeunes, dû au fonctionnement concurrentiel du marché du travail.
Enfin, les Jeunes du Centre mettent en avant les risques pour l’équilibre entre générations. «Il s’agit d’une attaque contre nos systèmes sociaux, insiste Nina Gisler, leur présidente. Un plafond démographique rigide les met en danger et constitue une attitude irresponsable envers les générations futures. Ceux qui prennent réellement au sérieux l’équité intergénérationnelle doivent clairement rejeter cette initiative.» Pour toutes ces raisons, les jeunes appellent les électeurs à s’opposer massivement à cette initiative dans les urnes.