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La Chaux-de-Fonds défile en terre ouvrière

Danseurs et danseuses portugais.
© Thierry Porchet

Dans le quartier ouvrier des Forges, à la Chaux-de-Fonds, les danses folkloriques portugaises ont chauffé les manifestantes et manifestants avant le cortège du 1er Mai.

Une fois n'est pas coutume, le cortège a délaissé le centre-ville et le Pod, au profit du quartier populaire des Forges.

Rien de tel que les rythmes entraînants des danses folkloriques portugaises et la roborative cuisine kurde pour se donner de l'allant. Après cette mise en bouche multiculturelle, le cortège du 1er Mai se met en branle peu après 14h à la Chaux-de-Fonds.

Une fois n'est pas coutume, les manifestantes et les manifestants ont délaissé le centre-ville et le Pod, au profit du quartier populaire des Forges, au sud-ouest de la ville neuchâteloise. Avec à leur tête un groupe d'enfants arborant des drapeaux plus grands qu'eux, entre 250 et 300 personnes s'élancent au son des Béruriers Noirs et des Clash, vite remplacés par les habituels chants révolutionnaires et l'Internationale, entonnée avec entrain mais de manière parfois un brin dissonante.

Au-dessus des têtes, les drapeaux des syndicats et des partis politiques se mêlent aux drapeaux anarchistes, féministes ou kurdes. Quant aux discours et slogans, ils fustigent, pêle-mêle, la montée du fascisme, la guerre, les violences sexistes et sexuelles ou encore l'initiative de l'UDC «Pas de Suisse à 10 millions!».

 

Débat entre syndicalistes

Avant le départ du cortège, le collectif féministe des montagnes neuchâteloise a lancé un appel à aller manifester à Genève le 14 juin pour la grève féministe et contre le G7. Puis, Marco Casagrande, du Groupe de défense des droits syndicaux, a plaidé pour que l’Union syndicale suisse (USS) maintienne sa plainte contre la Confédération auprès de l’Organisation internationale du travail. «La quatorzième mesure d’accompagnement des accords bilatéraux avec l’Union européenne, pour laquelle l’USS s’est engagée à retirer sa plainte, ne protégera qu’une minorité de personnes contre les licenciements antisyndicaux, estime-t-il. Par exemple, elle n’aurait pas concerné la déléguée syndicale d’un 5àSec genevois, licenciée en mars.»

En réponse, David Taillard, d’Unia Neuchâtel, a souligné que «le mouvement syndical n’a jamais accepté les licenciements antisyndicaux, mais qu’il a une responsabilité collective de mener de difficiles négociations avec la Confédération, peut-être imparfaites, mais qui peuvent déboucher sur des protections concrètes pour les travailleurs.»

Vers la fin du cortège, Luca Notari, photographe et musicien, déploie pour sa part un long plaidoyer enflammé contre l’escalade guerrière dans le monde. «L’industrie de l’armement est devenue le moteur de l’économie capitaliste, dénonce-t-il. Les syndicats ont le rôle d’élever le niveau de conscience des travailleurs. Hausse des salaires, pas un sou pour la guerre!» Le cortège s’achève vers 15h30. Retour dans la cour du Collège des Forges, où la fête se poursuit sur fond de musique balkanique.

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